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Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 02 mai 2011 21:53
par shrek
Et les Pyrénées,il y en a aussi des Parnassius apollo !
je connais une station dans le Canigou ,ou ,aux environs du 14 Juillet ,ces superbes papillons éclosent;
Magnifique

jp

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 02 mai 2011 22:09
par Gerard78
Bien entendu Jean-Pierre!
Et aussi en Alsace, dans les Vosges, le Jura....
Bref, une "rareté"... :mrgreen: ;)
Bonne soirée!

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 03 mai 2011 02:36
par Christian
En tout cas, bravo pour le coup du Triton crêté (et hop, une petite introduction en douce...)
Ah bon ??
Pour infos, en Suisse par exemple tous les reptiles ainsi que toutes les orchidées sont classés protégés, ce qui n'empêche pas un urbanisme débordant … Il faut vraiment prouver que le lieu (biotope) est irremplaçable !
A force d'informations et de persévérance des biologistes / naturalistes, les zones humides et les tourbières sont je pense les lieux les plus "respectés" à l'heure actuelle (remarquez tout de même les guillemets).

Bon, je vais lâcher quelques couples de vautours vers chez moi, ils remplaceront sans problèmes les tenants du titre ! :D :D

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 03 mai 2011 10:07
par Gerard78
Bonjour tout le monde,
@ Fred: non, non, nous n'avons rien relâché, les crêtés étaient bien là!!! Et si on cherche, on trouve en général la bestiole ou la plante qui va bien... ;)
@ Christian: pour bien faire, il faut trois choses: une ou des espèce(s) sur la liste des organismes protégés (c'est dans le Code de l'Environnement français, et dans la directive 92/43/CEE du 11/4/2001 §12 et Annexe II, et puis les textes susbéquents...); un peu de "vacarme médiatique"; des associations puissantes sur le terrain... Après, théoriquement, ça roule, et ça roule d'autant plus si on en profite pour en dire deux mots à la DDAF, donc à la préfecture... Les maires des communes concernées sont évidemment à sensibiliser itou: la protection de l'environnement est quand même devenue sujet sensible de temps à autre!
C'est un vrai travail cependant!!!
Bonne journée!

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 03 mai 2011 10:16
par Fredlab
Hello
Gerard78 a écrit :@ Fred: non, non, nous n'avons rien relâché, les crêtés étaient bien là!!! Et si on cherche, on trouve en général la bestiole ou la plante qui va bien... ;)
Je me doute :D
d'où l'importance du travail en amont, les heures passées sur le terrain... encore faut-il avoir les compétences, la disponibilité, l'association qvb...

(enfin, c'est beau un Triton crêté)

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 04 mai 2011 03:40
par Pat19
Bonjour à tous.

"Le coup du Triton", voilà me semble-t-il, pour les naturalistes aujourd'hui, un juste positionnement au coeur de l'érosion de la biodiversité. C'est agir en médecin de la biosphère que de contribuer à la sauvegarde d'espèces menacées, et les plaies sont légion. Je suis bien d'accord, la plus grave menace pesant sur les espèces, c'est la disparition ou la dégradation des biotopes qui, malheureusement, se sont réduits en quelques décades comme peau de chagrin. Chacun de nous y a sa part de responsabilité, mais tout le monde n'est pas conscient de son empreinte et je crois que des action éducatives s'imposent à ce sujet, si nous voulons un jour que puisse s'inverser la tendance.

Par contre, je ne crois pas que "le coup du Lapin" puisse encore garder valeur d'exemple dans un propos éducatif (il me semble d'ailleurs que, dans ce domaine, les recommandations des programmes de SVT formulent d'importantes réserves).

Dites le moi si je m'égare, mais je crois avoir compris que beaucoup d'entre vous partagent avec moi l'opinion suivante : les captures létales d'espèces sauvages ne sont plus vraiment nécessaires en cet âge, sauf cas exceptionnel d'un travail de spécialiste, au motif de recherches spécialisées, en vue de la description d'espèces nouvellement découvertes ou dans le but d'une révision de la classification par séquençage du génome. Je suis bien d'accord, les prélèvements effectués par les quelques chercheurs autorisés à servir ces missions n'ont qu'un impact très limité sur les populations et sont utiles à l'édification de la connaissance scientifique, même si quelquefois les procédés employés, du style réduction en bouillie, peuvent être choquants.

Par contre, mon sentiment est que ce type de prélèvements n'est plus justifiable lorsqu'il est pratiqué par des naturalistes amateurs et que dans le contexte actuel, qui est celui d'une extinction en masse, il convient plutôt de leur conseiller de minimiser leur empreinte, d'adopter des comportements de protection et de participer à des actions visant ce même but. Amateur signifie "qui aime" et à mon sens, un biologiste amateur est supposé aimer la vie et un naturaliste amateur, aimer la nature. Il n'y a pas d'amour dans la destruction.

Je ne trouve pas juste de vouloir dissimuler son petit tas de cadavres derrière l'hécatombe provoquée par l'agriculture industrielle et les déplacements automobiles. Statistiquement, ce sont de nombreux petits tas individuels qui s'ajoutent à de grands tas collectifs, le résultat final étant un immense tas et d'innombrables disparitions au caractère irréversible. Vu la complexité des liens d'interdépendance existant entre les espèces, nul ne peut en mesurer les conséquences, par exemple en ce qui concerne les rétroactions pouvant atteindre nos assiettes.

Très nombreux sont aujourd'hui les nouveaux venus dans ce que j'appellerai "le naturalisme" .
On porte souvent une plus grande attention à ce qu'on a le sentiment de perdre et je crois qu'au sein du grand public, l'actuel regain d'intérêt pour les choses et les êtres de la nature est motivé par la conscience plus ou moins claire de l'imminence de leur disparition, ainsi que par l'intention louable de les vouloir mieux connaître et les mieux protéger. Signes des temps : d'une part les jeunes enfants, qui ressentent tout, sont malades d'eco-anxiété et d'autre part, les marchands de matériel photographique, de revues spécialisées et de randonnées nature semblent avoir bien identifié le filon...

C'est la raison pour laquelle j'ai, dans mon message initial, attiré l'attention sur l'exemplarité des propos et des pratiques présentés sur ce forum.

S'expriment ici beaucoup de spécialistes faisant autorité (si, si !) et il est tout à fait positif qu'ils acceptent que leurs propos soient largement accessibles au public. Celui-ci est certes discret et réservé, mais certainement nombreux ; il est probablement aussi néophyte, mais attentif et avide d'apprendre. Toute publication sur le Naturaliste soulève donc la question des contenus, des représentations et des modèles que chaque visiteur, quel que soit son âge et son niveau d'éducation, va pouvoir intégrer. Cela suppose qu'il incombe aux auteurs une responsabilité éducative.

Donc si des spécialistes (ou apparaissant comme tels) venaient à y perpétuer l'image surannée de naturalistes astiquant leurs microscopes et agitant leurs scalpels au milieu de collections formolées, ou encore celle de Tartarins présentant leur trophées coloniaux -dont la version moderne pourrait être des collections d'images numériques d'animaux trucidés- alors le message éducatif ne serait pas adapté aux besoins de l'époque. Bien sûr j'exagère et vous remarquerez que j'ai employé le conditionnel... ;)

Attention donc au tsunami des nouveaux collectionneurs d'images en route vers les derniers paradis sauvages. Je me demande s'il ne conviendrait pas d'être aussi très prudent en leur proposant l'enchaînement suivant : "je constate l'abondance d'individus dans cette petite station, donc je peux prélever", et je pose les questions suivantes :

-Combien de naturalitouristes amateurs vont visiter, au cours de la belle saison, cette magnifique station-service ?

-Approuvez vous la proposition suivante ? "Certaines concentrations localisées d'individus peuvent indiquer l'existence de stations refuges où les individus d'espèces raréfiées parviennent encore à se maintenir ou se rassemblent afin de se reproduire, car ils n'y parviennent plus ailleurs."

- Disposons-nous de recensements exhaustifs et précis permettant de mesurer en France l'évolution des effectifs des populations d'espèces sauvages et d'en cartographier la répartition sur une longue période, par exemple depuis les débuts de l'ère industrielle (disons 1850), ou encore depuis les débuts de la généralisation du machinisme dans l'agriculture (disons 1950) ?

-Les seuils d'irréversibilité conduisant une population à l'extinction sont-ils connus pour toutes les espèces, autres que la Morue ?

Voilà, c'est un peu long, mais j'ai fait de mon mieux pendant toute une nuit.
Vous l'aurez compris, les représentations de la nature, c'est un peu mon dada, et quand je monte en selle, c'est un peu radical. Mais je ne suis pas hussard de la Zizanie et je suis navré que mes propos aient pu ranimer certains désaccords dont j'espère qu'ils pourront être dissipés. Si dans la nature nous avons besoin que soit préservée la diversité des espèces, il est important que sur ce forum soit préservée la diversité des sensibilités et des points de vue. Merci à Christian pour sa juste modération ainsi qu'à vous tous pour les vertus de tolérance et de patience qui ont été manifestées.

A bientôt

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 04 mai 2011 09:28
par Gerard78
Bonjour tout le monde,
Avant de répondre (c'est dense, il faut du temps, peut-être même créer un autre sujet du genre "rareté biologique et prédation humaine") à la très bonne intervention de Patrick que je voudrais juste un peu moduler/compléter, un petit papier sérieux à lire: On en parle après!
Bonne journée!

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 04 mai 2011 10:03
par Fredlab
Hello
Je tiens à préciser, si jamais je devais connaitre une station comportant une rareté
1 - je ne ferais aucun prélèvement (et je ne l'ai jamais fait)
2 - je ne mettrais jamais des indications sur internet pour signaler son positionnement
3 - ne faisant pas partie d'associations naturalistes, je serais par contre infoutu de savoir si cette station est menacée (surveillée, protégée...)
4 - je peux par contre dire urbi et orbi que ceux qui veulent une Chrysomèle (sp herbacea) de mon jardin, ils n'ont qu'à venir
Pat19 a écrit :Par contre, je ne crois pas que "le coup du Lapin" puisse encore garder valeur d'exemple dans un propos éducatif (il me semble d'ailleurs que, dans ce domaine, les recommandations des programmes de SVT formulent d'importantes réserves).
Oui, c'est assez encadré (les textes sont ICI), mais c'est du grand n'importe quoi... en gros, on peut faire ce qu'on veut avec des "invertébrés", mais pas avec une souris... faut pas choquer le grand public (et on se retrouve avec des collègues qui font des expériences sur le coeur d'escargot, pour ça, il faut enlever la coquille, la bestiole est toujours vivante... lui arracher le coeur...).
A cela, s'ajoute des circulaires... on n'a pas le droit de "disséquer" des pelotes de réjection, manipuler des oeufs, ouvrir un coeur de Dinde... pour cause de grippe aviaire (même si les pelotes ont été récupérées bien avant la grippe aviaire...)
Bref, dans deux semaines, je prends sur moi et je fais disséquer à mes élèves de Seconde des "avants de lapin", dans le cadre du programme, ils verront une cage thoracique avec diaphragme à enlever, sortir le coeur de son péricarde et ouvrir ce coeur, voir la tuyauterie qui va avec, les poumons, la trachée + les muscles, les tendons, des articulations + la colonne vertébrale et la moelle épinière (non, ça n'est pas de la moelle osseuse)... s'il y encore la tête, on fera aussi l'encéphale et pourquoi pas la structure de l'oeil. Rien à voir avec des photos d'un livre... et c'est acheté au rayon boucherie d'un supermarché.
Qu'on ne vienne pas me parler de "respect de la vie" ou alors on doit arrêter de manger... même une carotte, c'est un être vivant.
Pat19 a écrit :Je ne trouve pas juste de vouloir dissimuler son petit tas de cadavres derrière l'hécatombe provoquée par l'agriculture industrielle et les déplacements automobiles. Statistiquement, ce sont de nombreux petits tas individuels qui s'ajoutent à de grands tas collectifs, le résultat final étant un immense tas et d'innombrables disparitions au caractère irréversible
Je ne suis pas d'accord avec ça. Je veux bien qu'on me raconte des histoires avec l'effet papillon, mais le prélèvement d'un individu (et je reprécise, on ne parle pas d'espèce protégée et/ou en voie d'extinction) n'a rien à voir avec la destruction provoquée par l'abus de pesticides, la pêche industrielle, le bétonnage à tout va...
Nous avons tous notre part de responsabilité et nous avons tous notre petit tas de cadavres et je suis près à parier que le mien n'est pas plus gros que le tien (et le tas de cadavre d'un Bochiman est forcément plus petit que le mien, une personne de 80 ans a un tas plus gros qu'un ado de 15 ans... mais quand je vois vivre les ados de maintenant, je suis sûr que leur tas à 80 ans sera plus gros que nos octogénaires actuels...)

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 27 mai 2011 13:24
par Pat19
Bonjour à tous.

Je n'ai pas le temps en ce moment d'intervenir sur le forum.
Mais j'ai pu me documenter sur l'intéressante question de la place occupée par les insectes dans l'extinction en masse actuelle (ou extinction anthropocène). Pour faire suite à la discussion commencée sur ce fil, que je fais remonter sans aucun désir de polémiquer, j'offre ci dessous quelques liens en partage. Ils sont tous très intéressants, mais pas toujours très récents et pour certains, en Anglais.

Article en lecture directe : “Des chercheurs prédisent la sixième extinction massive d'espèces de la planète” -CORDIS - © Communautés européennes, 2003
http://www.mediaterre.org/international ... 55443.html
(Contient également un lien vers l’article paru dans Science, mais hélas en accès réservé aux abonnés : “Comparative Losses of British Butterflies, Birds, and Plants and the Global Extinction Crisis“- J. A. Thomas, M. G. Telfer, D. B. Roy, C. D. Preston, J. J. D. Greenwood, J. Asher, R. Fox, R. T. Clarke, J. H. Lawton).


PDF téléchargeable gratuitement : “Extinction et conservation des espèces d'insectes” - Y. Gillon - Cahiers d’Outre-Mer, 43 (172). Octobre-Novembre 1990
http://horizon.documentation.ird.fr/exl ... /34574.pdf


Article en lecture directe : “Mass Extinction of Insects May Be Occurring Undetected” - John Pickrel - 20 Sept.2005
http://news.nationalgeographic.com/news ... sects.html

Re: Préparation des insectes pour photo-stacking

Posté : 28 mai 2011 11:51
par Deklik
Puis qu'on parle d'hécatombe, on arrete pas le progres: http://lci.tf1.fr/science/environnement ... 96989.html

La Camargue est une reserve naturelle, maintenant elle est "reserve naturelle BIO" :grat: :grat: :grat: