Bonsoir à toutes et tous,
Ma dernière contribution, touristico-naturaliste, liée à un récent voyage au Cap Vert.
L’île de Fogo est un impressionnant cône volcanique de 25 km de diamètre au niveau de la mer qui s’élève très régulièrement jusqu’à son sommet, le Pico Grande (Pico do Fogo) qui culmine à 2829 m.
Baladez-vous sur Google Earth en attendant d’y aller ! C’est impressionnant.
Le sommet de l’île, après une éruption ancienne, s’est effondré en une caldeira de 5 km de diamètre environ, bordée vers l’ouest par une falaise de 600 à 650 m de hauteur recoupant à l’emporte-pièce et à la verticale l’ancien strato-volcan. Un peu plus récemment, mais avant la présence de l’homme, c’est une éruption qui a donné naissance au Pico Grande qui s’appuie sur le plancher de la caldeira, mais est excentré vers l’est.
La caldeira est habitée parce que malgré le manque de pluie, la rosée apporte une humidité suffisante pour des cultures maraîchères et de la vigne sur les riches cendres volcaniques. Le cha, le vin local, blanc ou rouge (14 % s’il vous plaît) est excellent. Il y a donc deux villages dans la caldeira, et, en temps normal, un millier d’habitants, en majorité agriculteurs (même si la racine agri- semble un peu déplacée dans de contexte…) et il y a un peu d’élevage, bovins et porc principalement. Il y avait deux petits hébergements lors de ma précédente visite, avec groupes électrogènes et frigos à gaz, l’eau était montée (dénivelé de 1700 m quand même!) dans des camions citernes depuis la grande ville, São Felipe. En effet, les rares sources au pied de la falaise sont réservées à la boisson et à un usage domestique. Les impluviums n’avaient pas vu de pluie pour emplir les citernes depuis plusieurs années.
En 1995, une première éruption détruit une grande partie des villages, mais qui sont reconstruits. Lors d’une première visite, en 1998, j’avais recueilli une variété extraordinaire de bombes volcaniques basaltiques, en fuseau, en croûte de pain, et une forme particulière que j’avais baptisée « en aumonière » voir http://www.scienceaction.asso.fr/ressou ... -de-fogo-1.
En 1995, puis lors d’un deuxième séjour dans la caldeira, une route pavée, en pavés de basalte bien sûr, menait de l’entrée de la caldeira jusqu’aux villages, et autour, les anciennes coulées de lave lisse ou cordée ou bien de laves chaotiques étaient en partie recouvertes d’une couche de projections, cendres et lapillis, d’autant plus épaisse qu’on se rapprochait du point d’émission 1995, le Pico Pequeno, dont le sommet, en 2010, était encore le siège d’une activité fumerollienne résiduelle. 1000m de hauteur pour le Pico Grande, 100 à 150 pour le Pico Pequeno, au pied du Pico Grande.
En décembre 2014, avec un sursaut en février 2015, une nouvelle éruption a engendré un frère jumeau au Pico Pequeno, le Pico Novo, et a de nouveau détruit les villages. Tous les habitants ont pu être évacués. Les autorités ne les ont pas beaucoup aidés : l’aide internationale semble d’être vaporisée entre la capitale, Praia, et Fogo.
A suivre
Fogo
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Gérard-Breton
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Re: Fogo
Eh bien les habitants se sont pris en charge seuls, une coulée 2014 coupe la route pavée d’accès aux villages ? Eh bien on trace et on creuse à la pelle et à la pioche une nouvelle piste qui contourne les coulées et passe au pied de la falaise. Le Parc National leur interdit de construire sur les coulées, non pas pour des raisons de sécurité, mais pour préserver la beauté naturelle des coulées ? Ils passent outre et reconstruisent à côté de leur village détruit. Bref, quand je suis passé, j’ai vu les villages de Portela de Banghera en pleine résurrection, l’activité économique avait repris, plusieurs maisons étaient reconstruites ou en reconstruction et, comble de l’abomination, des pelleteuses étaient en train de niveler le bord de la coulée, non loin de la piste d’accès, un peu en retrait des villages, pour construire un … grand hôtel. Avec golf et piscine ? ai-je pensé avec amertume. Mais j’ai gardé mes réflexions pessimistes pour moi, tant il est vrai que le tourisme est un atout indispensable au développement du Cap Vert.
La vigne avait déjà formé ses raisins, le millésime 2015 sera là, et compensera la perte de toute la récolte 2014 qui a été détruite par l’éruption de décembre 2014 avec la cave coopérative de a caldeira de Fogo
Gérard Breton

