Je l'ai observée dans un prélèvement effectué dans des anciens bassins de décantation ( Brécey / 50).
Elle fait partie d'un groupe d'espèces affines possédant un bec hyalin à chaque extrémité de la cellule : C. setaceum, C. kuetzingii, C. rostratum. D'après Coesel, les deux espèces setaceum et kuetzingii sont connectées par des formes intermédiaires et il semble parfois délicat de les séparer. D'après John, c'est aussi le cas entre setaceum et kuetzingii !
J'ai pourtant opté pour C. kuetzingii avec ce spécimen. En voici les raisons :
longueur 525µm, épaisseur médiane 23,4µm soit une cellule 22,4 fois plus longue que large (ceci exclu rostratum d'après John)
épaisseur de l'apex 2,9µm (là encore, l'on élimine rostratum d'après ce même auteur)
longueur des becs 120 et 144µm, longueur des chloroplastes119 et 141µm ... là, on ce situe en limite des espèces rostratum et kuetzingii !
il existe un pore dorsal antéapical bien visible à l'immersion : ce caractère est cité pour rostratum seulement par Compère mais pas pour kuetzingii. Par contre John le cite pour les deux espèces !
l'immersion montre également 11 stries pour 10µm ce caractère est partagé par ces deux espèces
les convexité médianes dorsales et ventrales sont sensiblement égales, ce qui élimine encore rostratum qui est un peu renflé ventralement.
vacuole contiguë avec l'apex du chloroplaste
prolongements hyalins d'abord droits puis courbés vers le sommet... chez rostratum, le bec est longuement courbé...
La description de Brébisson (Listes des Desmidiées observées en Basse-Normandie,1859) insiste sur ce critère : " C. striolatum, medio-auguste lanceolatum ; cornibus elongatis basi dilatata sub aequalibus, apice curvatis". (je révise mon latin
Certes la diagnose est peu laconique pour décrire une espèce nouvelle, mais c'était assez bien vu ! Et c'était sous le III Empire.
Amicalement
Yves
[/color]



