Bonsoir à tous, Jean-Marie, Alain,
Alain de Maraussan:
Et n'oublions pas, l'efficacité d'un radiateur est une fonction de son volume et NON de sa surface seule...
Jean-Marie:
Heu…, là j’ai l’impression que ce n’est pas correct.
Jean-Marie Vs Alain ? En fait vous avez tous les deux raison et j'espère que ces quelques explications éclairciront le sujet. D'abord il faut bien distinguer le régime permanent et le régime transitoire, sinon on n'y comprend plus rien ! Ensuite, on peut faire une analogie entre la thermique et l'électricité, chacun choisissant le domaine dans lequel il est le plus à l'aise...
En régime permanent, la puissance dégagée est constante et toutes les températures se sont stabilisées.

- Analogie thermique-électrique refroidisseur.jpg (37.57 Kio) Vu 7085 fois
Lorsqu'on dissipe de la chaleur dans la jonction de la LED, cette chaleur traverse successivement la masse de la LED, celle du radiateur et enfin la surface du radiateur au contact de l'air pour être emmenée par ce dernier. Dans ces conditions, la température T1 de la jonction par rapport à l'air ambiant est donnée par la relation :
T1 = P x (R1 + R2 + R3) avec :
P = puissance dissipée dans la jonction.
R1 = résistance thermique entre la jonction et la surface au contact du radiateur.
R2 = résistance thermique entre la surface de contact du radiateur avec la LED et la surface de contact de ce même radiateur avec l'air ambiant.
R3 = résistance thermique exprimant le passage de la chaleur à travers la surface du radiateur au contact de l'air ambiant.
En électronique, R2 est suffisamment faible pour être négligé devant R3 mais il faut alors de la matière pour que les sections de passage du flux de chaleur soient suffisamment importantes. Alain a raison !
La résistance thermique du radiateur dépend donc essentiellement de sa surface. Jean-Marie a raison !
Par contre, les radiateurs utilisés dans les ordinateurs sont très compacts mais manquent de matière. R2 n'est alors plus négligeable devant R3 et il devient nécessaire d'utiliser des ventilateurs pour compenser cela en abaissant R3.
Par exemple, Jean-Marie nous a donné les caractéristiques principales d'une LED Luxeon K2. (Merci Jean-Marie pour l'info. ) En particulier :
Courant maxi = 1,5A
Résistance thermique = 9°C/W
Comme la tension aux bornes de la LED ne doit pas être loin de 4V, la puissance P dissipée est P = 4V x 1,5A = 6W.
La différence de température entre la jonction de la LED et la surface arrière est T1 = 9°C/W x 6W = 54°C !
Ainsi, si nous arrivons à loger dans le radiateur une sonde thermique juste contre la LED, il faudra ajouter 54°C à la température mesurée ! Attention !
L'analogie électrique est évidente :
puissance P <-> intensité I,
différence de températures T <-> différences de tension U.
En régime transitoire, prenons le cas de la mise sous tension de la LED. Pour qu'il y ait transfert de chaleur, il faut qu'il y ait différence de température : P = T / R et il faut donc chauffer successivement la masse de la LED et celle du radiateur, ce qui prend un certain temps... Les masses de matière de la LED et du radiateur sont comparables aux condensateurs C1 et C2 du schémas électrique.
Inversement, lorsqu'on coupe le courant, la chaleur accumulée dans la LED et dans le radiateur s'écoule progressivement dans l'air ambiant. Dans le schémas électrique, les condensateurs se vident.
L'existence de C1 est intéressante car elle permet d'envoyer de brèves impulsions à des puissances supérieures à la puissance maximale autorisée en régime permanent. En effet, la masse de la jonction et de la matière à son voisinage immédiat absorbe le surcroit de chaleur et la température n'augmente qu'avec un certain retard. Mais l'impulsion doit être suffisamment brève, moins de 1ms en pratique ! Là je pense à l'utilisation d'une Luxeon en flash...