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Mon étang...

Posté : 31 mai 2010 19:33
par axel
Bonjour à tous, nouveau sur le forum, je me permets quand même de vous soumettre mon problème...

J'ai un étang, en Ille et Vilaine, près de Rennes, d'environ 2000 à 3000m², bordé de houx, vieux chênes, châtaigniers....
Il y a environ 50 à 100m² de nénuphars jaunes, pas mal de gardons, des perches, quelques brochets et des anguilles... Et même un écureuil roux !
J'aime pêcher là-bas, mais c'est rare, 1 ou 2 fois par an, histoire de sortir un gros prédateur (je rentre souvent bredouille)...
Mais voila, l'étang s'envase, je trouve que le nombre de poissons est assez restreint et que la biodiversité est en berne... (à par les ragondins!!!). On a vu des canards sauvages et des poules d'eau, un héron mais c'était il y a longtemps....

Je souhaite faire fleurir la vie dans cet étang, et à mon sens, mais j'ai peut-être tort, il faut introduire de nouvelles espèces de plantes "phytosanitaires", qui permettraient d'oxygéner l'eau pour les poissons, de "manger" les boues, de frayères pour les brochets, d'abris pour les insectes...... Mon frangin, ex-biologiste, me conseille :
- Mentha aquatica
- Hydrocotyle vulgaris
- le cresson d'eau
- Lysimachia nummularia
- Potamogeton natans

Y a t il des contres indications ? D'autres plantes "utiles" auxquelles on n'aurait pas pensé ?

Des éléments complémentaires : je viens d'aller faire le tour de l'étang avec un appareil photo :

http://picasaweb.google.fr/Bl.Axel/LEtang#

Vous trouverez donc dans l'album des photos de la flore, et aussi un extrait du cadastre retouché pour correspondre à la réalité...

L'étang est le fond d'un bassin versant, d'un côté un pré non cultivé depuis des années, de l'autre l'agriculture intensive bretonne....

L'étang se trouve au confluent de deux ruisseaux, qui trouvent leur source à peine quelques kilomètres en amont, le contournement a été réalisé avec des buses de grand diamètre (1m, 1m50)... la rivière continue son cours dans une ancienne carrière ombragée pleine d'arbres vieillissants et de lianes, que personne n'a visité depuis des décennies, et qui m'appartient aussi...

Toutes les remarques constructives seront lues avec le plus grand intérêt !
Merci !

Re: Mon étang...

Posté : 31 mai 2010 23:21
par Maraussan
Bonsoir,
je serais tenté de suggérer EN PREMIER, une analyse de la qualité de l'eau de l'étang/ruisseaux.
Entre-autre, rapport CO2/O2, taux de nitrate, phosphate, pH etc...
Ce type d'analyse est automatisé dans tous les bons laboratoires.
Une pollution, chimique et bactériologique, est un frein au développement de tous les micro-organismes vivants (animaux et végétaux) d'épuration.
Y mettre divers macro-végétaux ne résoud pas le problème de fond : les minéraux vraissemblablement en excès seront en partie absorbés par ces plantes durant la belle saison, puis brutalement relachés l'hivers venu, avec de plus une quantité encore plus importante de matières carbonées en décomposition.
A cet effet, voir "Eutrophisation" sous Wikipedia ou autre.

Après les analyses, on verra.

Re: Mon étang...

Posté : 01 juin 2010 09:11
par Gerard78
Bonjour Axel, Alain, tous...
Pas facile, de loin, même avec photos, de formuler un diagnostic, et d'envisager éventuellement des remédiations.
Complètement OK avec Alain sur les analyses physico-chim. J'ajouterais aussi la conductivité, et le potentiel Redox...
Evidemment, un coup de recherche de la turbidité serait intéressant (via disque de Secchi par exemple) à défaut de la Chlorophylle a, pour évaluer le degré éventuel d'eutrophisation.
Bien regarder le rapport N/P (azote/phosphore) qui indique la prédisposition du plan d'eau aux éventuels blooms de cyanobactéries.
L'idéal serait de coupler les analyses physico-chim (réalisées sur des points bien référencés, aux fins de suivi régulier), avec une analyse biol: microalgues, macrophytes (mais là, je suis un peu sceptique), invertébrés benthiques, etc.
Les poissons n'indiquent pas grand chose... sauf qu'il y a de l'eau, et de l'O2 dissous dans celle-ci!
Cette analyse doit être réalisée aux mêmes points que la physico-chim.
Avantages du vivant versus la physico-chim: ce compartiment agit comme une bande vidéo de l'état de santé de l'étang, alors que la physico-chim représente des photographies...
Par contre les interprétations ne sont pas simples, et soyons très franc, peu pratiquées par les hydrobio., bien souvent plus "eaux courantes" qu'eaux stagnantes.
J'ai, en son temps, travaillé à l'élaboration d'un protocole de travail sur ce point, mais bon...
Si besoin de précisions, il faudrait peut-être passer par les MP (pour ne pas trop encombrer le forum), donc... s'inscrire ! ;)
Bonne journée!

Re: Mon étang...

Posté : 01 juin 2010 09:17
par Christian
Bonjour à tous,
Gérard78 a écrit :Si besoin de précisions, il faudrait peut-être passer par les MP (pour ne pas trop encombrer le forum), donc... s'inscrire !
S'inscrire est une excellente idée !
Mais je suis sûr que ce genre de sujet intéresse plus d'une personne sur le forum et il serait dommage de communiquer uniquement en privé …
Bien amicalement

Re: Mon étang...

Posté : 01 juin 2010 11:30
par shrek
Il faudrait vidanger l'étang cet automne,et faire un état de la population piscicole ;une analyse de l'eau serait la bienvenue ;sinon ,un avis de pros sur un forum idoine ;
voilà mon avis de pêcheur devant l'eternel ;

jpb

Re: Mon étang...

Posté : 01 juin 2010 13:08
par Gerard78
Re-bonjour!
Christian: oui, d'accord, si cela intéresse du monde, on peut en parler, bien entendu!
Jean-Pierre: je ne sais pas (ou plutôt, je ne peux pas dire) s'il faut vidanger l'étang avant qu'un réel diagnostic n'ait été fait (là, c'est le "pro" qui parle... ;) )
De surcroit, une vidange est soumise à des dispositions d'ordre réglementaire (voir code de l'environnement) et selon le cas, nécessiter déclaration, ou autorisation. A voir aussi.
Si autorisation, étude d'impact sérieuse, et obligatoire! Les dégats dus à des relargages de sédiments dans des cours d'eau sont légion, et doivent être sérieusement évalués avant! Tout se calcule, mais il faut être hyper prudent (évaluation par exemple de la masse de matières solides qui passent en suspension dans la rivière aval!)
Au pêcheur que tu es, je n'apprendrai rien sur les colmatages de fonds, et autres joyeusetés ainsi occasionnées.
Je fus pêcheur à la mouche (plus trop le temps, ni l'envie dans des rivières dégradées) et ce furent de nos combats que de nous battre contre toutes ces pollutions insidieuses.
Voir à ce propos le souk sur les rivières aval lors de vidanges de barrages!
Et dans ces cas là, voir aussi les concentrations en polluants divers, brutalement relargués dans le milieu naturel (concentrées autrefois dans les sédiments).
Alors non, ce n'est pas si simple, et il faut d'abord privilégier le diagnostic.
Il est en effet aussi inutile d'utiliser un canon de 75 pour tuer un moustique... :mrgreen:
Bonne après-midi

Re: Mon étang...

Posté : 01 juin 2010 22:15
par luc34
Bonjour,
je me permet d'intervenir pour signaler qu'il existe un bon ouvrage sur le sujet : "Aménagement écologique et piscicole des eaux douces" de Jacques ARRIGNON (ingénieur Génie Rural).
En regardant les photos ne trouvez vous pas que l'on est pas loin d'une situation dystrophe ? Eau brune, étendues de plantes paludéennes, nénuphars, et certainement aulnes et phragmites.
La faible productivité piscicole : Arrignon cite 20 kg par hectare pour une situation dystrophe contre 250 kg pour une situation eutrophe.
Cordialement

Re: Mon étang...

Posté : 01 juin 2010 22:36
par Gerard78
Bonsoir tout le monde,
Oui, il y a le bouquin d'Arrignon, mais aussi un paquet d'excellents en anglais (je ferai un inventaire dans ma bibli. demain).
Dystrophe/eutrophe, je ne conclus pas sur photo.
L'eutrophisation est un phénomène complexe, malgré ce que l'on croit souvent, et de plus les états tels qu'ils apparaissent à l'oeil sont fluctuants, dans le temps (saisonnalité) voire même dans la journée, avec de plus les mouvements verticaux des microalgues et macroinvertébrés selon la température (donc la sat. en O2 dissous), la luminosité, etc.
On peut donc être trompé par la couleur de l'eau.
Je persiste donc: état physico-chim. de l'étang (en plusieurs points) et des ruisseaux (entrée et sortie) + bilan biologique.
Après, au vu des résultats, on affinera et on pourra en dire plus long...
Mais c'est vrai qu'en première approche visuelle, il y a problème... :(
De plus, on est en Bretagne, ce qui signifie que l'on doit s'intéresser de très près au cycle de l'azote, et vérifier que l'on ne se trouve pas en plus dans un secteur à conductivité faible, et pH < 7...
Mais c'est à suivre, bien entendu!
Bonne nuit!