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Préparation du baume du Canada

Posté : 23 janv. 2010 17:56
par Gérard Weiss
Bonjour à tous,

J'avais acheté sur eBay un flacon de 50ml de baume du Canada "balsamique", c'est à dire selon le vendeur de la résine naturelle pure simplement filtrée. Elle se présente sous la forme d'un liquide sirupeux très transparent avec une odeur pas désagréable rappelant un peu la térébenthine ou certains médicaments que l'on me mettait dans le nez lorsque j'étais enfant...

Je pense qu'elle n'est pas directement utilisable en microscopie et qu'il faut d'abord la faire durcir et la dissoudre ensuite dans du toluène ou du xylène. Suis-je dans le vrai :?: Comment procéder :?: Je ne voudrais pas la gâcher ou la polluer bêtement ! Merci par avance d'éclairer ma lanterne :idea: .

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 23 janv. 2010 18:52
par Maraussan
Bonsoir Gérard,
extrait du livre de Lucien Dodin, des conseils quant à la préparation du Baume du Canada pour le collage des lentilles optiques.
Ne pas oublier que souvent, les spécimens destinés à être montés sortent déjà d'un bain de solvant, ou bien sont préalablement "mouillés" afin d'éliminer d'éventuelles inclusions de bulles d'air (cas des radiolaires ou diatomées).
Perso, je diluais un peu le Baume au Xyol...
Dans tous les cas d'utilisations microscopiques, un solvant très volatil est indispensable, ne serait-ce que pour augmenter rapidement par évaporation l'indice de réfraction naturellement faible du Baume. Une étuve peut accélérer cette opération.
Lucien Dodin 117-118.JPG
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Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 23 janv. 2010 20:01
par Gerard78
Bonsoir Gérard, bonsoir tout le monde,
Ci-dessous extrait du Deflandre (1930)
defl&andre extrait.jpg
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Par ailleurs, dans le Locquin & Langeron (1978) il est dit:
1- Baume alcoolique: = du Baume du Canada solide dissous dans éthanol absolu
2- que le baume alcoolique serait mieux que le benzénique du commerce (décolorations, donc Locquin & Langeron ne sont pas d'accord avec Deflandre)

Pour ma part, il m'est arrivé de retrouver un assez gros flacon de baume très, très sec...
J'ai dilué au xylol, sans problème (être patient) et immédiatement après dilution j'ai transféré le tout dans un "vrai" flacon à baume (bouchon en verre, à l'emeri).
Il n'a pas bougé depuis deux ans.

C'est une toute petite contribution mais j'espère qu'elle te sera utile...
Amicalement
Gérard

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 24 janv. 2010 16:55
par Olivier
Je pense qu'elle n'est pas directement utilisable en microscopie et qu'il faut d'abord la faire durcir et la dissoudre ensuite dans du toluène ou du xylène.
C'est l'idée que j'en avais aussi mais je ne l'ai jamais fait. Je pense que j'ai acheté le même produit que toi. Vient-il du Canada ?
En fait j'utilise ce produit tel quel dilué dans un peu de xylène et pour l'instant cela marche mais je ne connais pas la durée de vie de mes préparations (vous me direz dans 10 ans pour mes tiques :D )

Mon rêve serait de trouver du baume solide que je dissoudrais dans du xylène et je m'imagine alors que le séchage serait ultra rapide, mais je peux me tromper.

Le séchage long du baume est du à mon sens à toutes ces essences lourdes (peu volatiles) mais liquides à température ambiante qui composent le baume.
1- Baume alcoolique: = du Baume du Canada solide dissous dans éthanol absolu
Je n'y avais pas pensé mais je serait curieux de savoir si quelqu'un a une expérience avec ce solvant ?

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 24 janv. 2010 22:20
par Maraussan
1- Baume alcoolique: = du Baume du Canada solide dissous dans éthanol absolu
Je n'y avais pas pensé mais je serait curieux de savoir si quelqu'un a une expérience avec ce solvant ?


Je n'ai jamais essayé, et n'ai pas trop envie de m'y mettre, pour une bonne raison :
- l'alcool absolu est avide d'humidité ambiante, cette humidité se dissoud instantanément et enrichit l'alcool en eau.
- le Baume du Canada devient opalescent en présence de traces d'eau. Les préparation insuffisamment deshydratées nous le rapellaient immédiatement.

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 24 janv. 2010 23:24
par Christian
Bonsoir à tous, Gérard,

Si j'hume le baume que j'ai en ma possession (from Marcel) il ne sent pas la térébenthine … peut-être un peu quand même en se concentrant ... et plutôt le xylène ou toluène, sans exagération. Mais ce baume à déjà quelques années, il faudra d'ailleurs que je dilue un peu.
As-tu déjà testé un montage avec ?
Ce serait à mon avis la première chose à essayer (temps de séchage, IR)

Je suis très étonné par la proposition du baume alcoolique …
Connaissant les utilisations de la térébenthine et des vernis gras, je sais qu'elle ne fait pas bon ménage avec l'alcool et son eau. Pour ma part (comme Maraussan) je ne m'y lancerais pas.
J'essayerais comme proposé un remplacement progressif de la térébenthine par du xylène ou du toluène …

Pour infos, indice de réfraction (approximatif) selon Locquin et Langeron:
Éthanol = 1.329
Essence de térébenthine = 1.474
Toluène = 1.495
Xylène = 1.497
Baume au xylène = 1.526

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 25 janv. 2010 00:03
par Gerard78
Bonsoir à tous,
Je reviens sur le baume alcoolique sensu Locquin & Langeron.
J'avais fait, il y a longtemps, une tentative...
Ratée!
Evidemment, l'alcool 100 est tellement hygrophile que la titrage "absolu" ne dure pas bien longtemps.
Je conserve d'ailleurs désormais le mien dans un flacon (également bouché à l'émeri, comme celui du baume) que je remplis, au fur et à mesure de l'utilisation, par des billes de verre (les "calots" des enfants...).
Le niveau est ainsi toujours au max. admissible par la bouteille (fermeture à faire refluer l'excès, plus d'air entre le bouchon et la surface de l'éthanol).
On peut vérifier vite fait: du sulfate de cuivre anhydre humecté d'alcool a priori absolu redevient vite bleu, si présence d'eau.
Pour rendre le sulfate de cuivre anhydre, il suffit de chauffer les cristaux bleus au four, ils blanchissent.
Par ailleurs, le baume du Canada est accusé de devenir jaune avec le temps.
C'est vrai, mais est-ce si grave?
J'ai ici de vieilles préparations (un siècle je pense), certes jaunies, mais parfaitement lisibles.
Pour info., au labo, nous conservions les spécimens d'ambre renfermant des insectes fossiles dans des tronçons de tubes à essai, coupés à bonne profondeur, noyés dans du baume du Canada.
Impeccable!
Prévoir aussi deux types de baume: un bien sirupeux (éventuellement en tube), et un autre liquide.
Le baume liquide permet directement d'y disséquer (des pièces buccales d'arthropodes par exemple) sans risque de perte de petits bouts (les maxilles en particulier semblent avoir une vie propre! :lol: ) et surtout de disposer les pièces selon un protocole fixe (facilité de comparaison entre lames).
Lorsque le baume liquide commence à sécher (et cela va assez vite) on complète avec du baume sirupeux, puis lamelle et étuve...
Voilà, c'est un peu en vrac, mais hope this can help ;)
Amicalement
Gérard

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 25 janv. 2010 00:22
par Christian
Re,
Olivier a écrit :Mon rêve serait de trouver du baume solide que je dissoudrais dans du xylène et je m'imagine alors que le séchage serait ultra rapide, mais je peux me tromper.
Ya pas le feu au lac... :D
C'est justement ce séchage lent qui pardonne passablement d'erreurs (les bubules par exemple) et puis une fois les bords de la lamelle sec c'est tout bon pour observer.
Au passage, Paul Leroy (sur le site Champignon passion) propose le PVA pour les insectes ou arthropodes (alcool polyvinylique lactophénolé). Cela évite de passer par les déshydratations.
C'est très tentant, mais personne connait la durée de vie de ce genre de montage dit "permanent", alors qu'avec le baume nous avons beaucoup de références, entre autres sur les colorants.

Oups, message croisé avec Gérard :? ;)

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 01 avr. 2010 23:14
par patrice05
Bonjour
bien que n'étant pas dans le credo du macro et microscopique, j'ai beaucoup cherché des infos sur le baume du canada, aussi nommée autrefois ' poix basalmique" en optique. J'ai trouvé plus d'info ici que sur les forums optiques ! J'ai entrepris de restaurer une paire de jumelles binoculaires dont les lentilles avait des traces de decementation. Grace à vous ( couleur jaunatre ) j'en ai déduit que j'avais affaire à de la poix ou du baume du canada.
Aprés moult essai sur une vielle paire de lentilles, je suis arrivé à la solution suivante : decollage au bain marie trés lent et refroidissement lent. Nettoyage lentilles encore tiède sans solvant. Pour le recollage, j'ai trouvé la formule suivante : 1/10 d'acétone 9/10 de BC. les bulles sont chassées vers l'extérieur lentement, je laisse donc les deux lentilles avec la préparation pendant une bonne heure, la gravité étant suffisante. Ensuite, centrage par cerclage metallique et surtout cuisson lente entre 80 et 100 °: en dessous la prise ne prend pas, au dessus, le baume devient cassant et le verre court un risque.
Voilà ma contribution sur le baume du canada , en vous remerciant.
Patrice

Re: Préparation du baume du Canada

Posté : 02 avr. 2010 13:56
par Maraussan
Bonjour Patrice,
ta technique de collage est surprenante, à l'encontre de tout ce qui est habituellement pratiqué...
- la température de cuisson de 80 à 100°C risque d'induire des tensions optiques considérables dans les verres. Il serait intéressant de visualiser ces éventuelles tensions en plaçant ton optique collée entre 2 filtres polarisants linéaires, en position d'extinction.
- l'acétone est un solvant hyper volatile, et chassé rapidement, le risque est grand d'obtenir un baume poreux et sans élasticité. Les verres optiques s'étant fortement dilatés lors du chauffage, avec des indices de dilatation différents, il y a un risque de délaminations spontanées sur les bords des lentilles à plus ou moins brève échéance.