Capartogramma crucicula, probablement
Posté : 11 janv. 2010 21:18
Bonsoir !
Une diatomée qui me pose quelques problèmes…
A mon sens, pas de problème pour la détermination, encore que :
- taxonomiquement parlant, il s’agit bien de Capartogramma crucicula, telle au moins que l’entendent les taxonomistes modernes. Mais, Germain (page 160, planches 60 et 60bis, fig.19) la nomme Schizostauron crucicula (Grunow ex Cleve) Ross. , suivant ici West (1916, page 91, figure 64B & C) par exemple. D’accord, sauf que Ross (1963 - The diatom genus Capartogramma and the identity of Schizostauron. Bull. Brit. Museum (Natural History) 3(2): 47-92) la dénomme bien Capartogramma (page 59) genre érigé par Kuffenath en 1956. Bon, va pour ce genre nouveau. Mais Krammer & Lange-Bertalot, dans leur « bible », l’ignorent totalement (ou au moins n’ai-je pas trouvé trace de cette diatomée), sous aucune dénomination possible (Stauroneis, Schizostauron, Capartogramma). Est bien citée en revanche une Navicula crucicula (page 161, tome 1), mais ses caractéristiques ne correspondent pas à celles de notre diatomée (notamment taille : K & L-B donnent L = 35-100 µm, et l = 8-23 µm)… Dans leur travail de 2000, Coste & Ector (COSTE M. & ECTOR L. 2000. Diatomées invasives exotiques ou rares en France: principales observations effectuées au cours des dernières décennies. Syst. Geogr. 70: 373-400) parlent bien de Capartogramma crucicula. Alors ?
- écologiquement parlant, Germain (donc en 1981) parle d’une espèce très rare, mais tout de même présente, trouvée dans un étang d’Anjou, sur macrophytes. Coste & Ector (ibid.) indiquent : « Elle est bien représentée dans les cours d'eau peu minéralisés du Limousin (Gartempe, Vienne) et les cours d'eau landais acides (Eyre, Bez, Courant de Sainte Eulalie) ». Pas d’indication en eaux stagnantes, pas d’indication au nord de la Vienne (ex. de l’Anjou). Mes exemplaires proviennent de la Clouère, rivière dans la région citée par Coste & Ector, présentant une conductivité, selon les stations échantillonnées, variant entre 355 et 560 µS/cm, et ont en outre été prélevés sur spermaphytes immergés. La notion de « rareté » est sans doute à moduler ici, et peut-être (c’est une attitude prudente, et non pas une affirmation de ma part) ne faut-il pas y voir trop vite l’expansion d’une espèce thermophile, pourtant évoquée par Coste & Ector (« Le fait le plus marquant est la progression vers le nord des formes thermophiles. »)… Cette espèce a été trouvée (outre en pays tropicaux : Brésil, Natal, Salvador, etc.) dans la rivière Merrimac, Massachusetts, soit grossièrement 42°48 N, latitude approximative de Bastia ou Bagnères-de-Luchon…
En ce qui concerne la photo ci-dessous, les données y figurent. Rappel : Germain donne une longueur de 20 à 36 µm, une largeur de 7.5 à 9 µm. Quant à Ross (ibid.) il indique les dimensions suivantes : (10-35 µm) x (4.5-9 µm). Ma plantule (celle-ci au moins) fait 26 µm x 8 µm. Mes autres spécimens sont sensiblement de la même taille.
Sachez cependant que j’ai le plus grand mal à résoudre le système de stries, même avec des optiques « pointues », et que ce soit en éclairage oblique (comme ici) ou en contraste de phase… Bizarre.
Une nouvelle fois tout de même, acceptez mes excuses pour la piètre qualité du cliché, je recours toujours au magnifique phototube en canne à pêche !
Bonne soirée à tous !
Gérard
Une diatomée qui me pose quelques problèmes…
A mon sens, pas de problème pour la détermination, encore que :
- taxonomiquement parlant, il s’agit bien de Capartogramma crucicula, telle au moins que l’entendent les taxonomistes modernes. Mais, Germain (page 160, planches 60 et 60bis, fig.19) la nomme Schizostauron crucicula (Grunow ex Cleve) Ross. , suivant ici West (1916, page 91, figure 64B & C) par exemple. D’accord, sauf que Ross (1963 - The diatom genus Capartogramma and the identity of Schizostauron. Bull. Brit. Museum (Natural History) 3(2): 47-92) la dénomme bien Capartogramma (page 59) genre érigé par Kuffenath en 1956. Bon, va pour ce genre nouveau. Mais Krammer & Lange-Bertalot, dans leur « bible », l’ignorent totalement (ou au moins n’ai-je pas trouvé trace de cette diatomée), sous aucune dénomination possible (Stauroneis, Schizostauron, Capartogramma). Est bien citée en revanche une Navicula crucicula (page 161, tome 1), mais ses caractéristiques ne correspondent pas à celles de notre diatomée (notamment taille : K & L-B donnent L = 35-100 µm, et l = 8-23 µm)… Dans leur travail de 2000, Coste & Ector (COSTE M. & ECTOR L. 2000. Diatomées invasives exotiques ou rares en France: principales observations effectuées au cours des dernières décennies. Syst. Geogr. 70: 373-400) parlent bien de Capartogramma crucicula. Alors ?
- écologiquement parlant, Germain (donc en 1981) parle d’une espèce très rare, mais tout de même présente, trouvée dans un étang d’Anjou, sur macrophytes. Coste & Ector (ibid.) indiquent : « Elle est bien représentée dans les cours d'eau peu minéralisés du Limousin (Gartempe, Vienne) et les cours d'eau landais acides (Eyre, Bez, Courant de Sainte Eulalie) ». Pas d’indication en eaux stagnantes, pas d’indication au nord de la Vienne (ex. de l’Anjou). Mes exemplaires proviennent de la Clouère, rivière dans la région citée par Coste & Ector, présentant une conductivité, selon les stations échantillonnées, variant entre 355 et 560 µS/cm, et ont en outre été prélevés sur spermaphytes immergés. La notion de « rareté » est sans doute à moduler ici, et peut-être (c’est une attitude prudente, et non pas une affirmation de ma part) ne faut-il pas y voir trop vite l’expansion d’une espèce thermophile, pourtant évoquée par Coste & Ector (« Le fait le plus marquant est la progression vers le nord des formes thermophiles. »)… Cette espèce a été trouvée (outre en pays tropicaux : Brésil, Natal, Salvador, etc.) dans la rivière Merrimac, Massachusetts, soit grossièrement 42°48 N, latitude approximative de Bastia ou Bagnères-de-Luchon…
En ce qui concerne la photo ci-dessous, les données y figurent. Rappel : Germain donne une longueur de 20 à 36 µm, une largeur de 7.5 à 9 µm. Quant à Ross (ibid.) il indique les dimensions suivantes : (10-35 µm) x (4.5-9 µm). Ma plantule (celle-ci au moins) fait 26 µm x 8 µm. Mes autres spécimens sont sensiblement de la même taille.
Sachez cependant que j’ai le plus grand mal à résoudre le système de stries, même avec des optiques « pointues », et que ce soit en éclairage oblique (comme ici) ou en contraste de phase… Bizarre.
Une nouvelle fois tout de même, acceptez mes excuses pour la piètre qualité du cliché, je recours toujours au magnifique phototube en canne à pêche !
Bonne soirée à tous !
Gérard