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Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 22 août 2022 21:01
par fp03
Une question par rapport aux prélèvements étudiés pour les algues d'eau douce : est-ce que vous observez au microcospe l'intégralité de votre prélèvement pour être sûr de ne rien rater ou est-ce que vous estimez qu'une portion (une lame) est représentative du reste du prélèvement ?
Question subsidiaire : que faites-vous du prélèvement une fois étudié (jeté dans l'évier, dans le jardin, dans un lac ou rivière...). Qu'est-ce qui est le moins nocif pour l'environnement et le plus respectueux des espèces prélevées (je sais que ma question va paraître bizarre à certains mais personnellement en ce qui concerne les lichens, je ne les jette pas dans la poubelle et les rapporte dans la nature une fois étudiés (si possible dans le même type de milieu en plus) :roll: ?
Merci pour vos réponses à une débutante.

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 08:37
par André
Bonjour Françoise

Quand le prélèvement est riche en espèces j'en observe plusieurs lames, et ceci sur plusieurs jours.
Il m'arrive de rajouter de l'eau pour maintenir le prélèvement.
J'ai souvent remarqué que l'une ou l'autre espèce apparait alors qu'elle n'était pas présente sur les premières lames ( c'est ce qui est arrivé à Yves sur son prélèvement singapourien).
Pour certaines espèces difficiles, un vieux prélèvement a permis de mettre l'ornementation des parois en évidence grâce à l'atrophie des chloroplastes.

Je ne jette pas mes prélèvements dans le milieu naturel, mais arrose les fleurs ou le jardin avec ou laisse déssècher le prélèvement afin de ne pas perturber la flore algale en aval de chez moi.

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 08:42
par Jean-marc
Bonjour Françoise,

D'une manière générale, et quoi que soit ce que j'observe sur lame, j'explore la totalité de la lame. Cependant pour une observation dans les meilleures conditions, je mets peu de liquide pour faciliter le passage sous lamelle si besoin. Ensuite, suivant le résultat je passe sous lamelle ou pas. Si j'ai de gros spécimens type copépodes, stentors..., après observation, je tente de les remettre ensuite dans leur bocal de prélèvement. Pour les algues et diatomées, je nettoie la lame avec un papier après observation.
Si c'est des très gros spécimens, type lichen, je les remets dans le bois (qui est juste de l'autre coté de mon mur de maison).
Si j'utilise des produits chimiques (ce qui est rare) des fluorochromes par exemple, j'essuie avec un papier et je rince à l'eau. Ce n'est pas forcement le bon exemple, mais les quantités sont tellement infimes que je ne pense pas être le plus gros pollueur du réseau d'eau.

A+

JM

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 19:37
par fp03
Merci pour vos retours d'expérience.
Je vais me permettre une autre question dans la même thématique : j'ai lu que les algologues utilisent quelquefois le Lugol et certains d'entre vous observent peut-être aussi les lichens, pour lesquels les réactifs sont essentiels. Que faites-vous avec les fonds de bouteilles de ces réactifs ? J'ai cherché s'il y avait un circuit de récupération mais je n'ai rien trouvé et les gens à qui je demande sont souvent très vagues sur le sujet, me faisant redouter que beaucoup jettent ces produits à la poubelle ou dans l'évier.
Avez-vous des pratiques plus "vertueuses" ?
Françoise

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 19:53
par YVES50
Bonsoir Françoise,
fp03 a écrit : les algologues utilisent quelquefois le Lugol


Le fait d'utiliser une goutte de Lugol dans une lame est sans importance. Il s'agit d'un réactif oxydant non rémanent.
Il faut garder bonne mesure et songer qu'entre moins de 1 dixiéme de mg de ce réactif rejeté et 100 kg de pesticides très rémanents déversés par l'agrochimie dans ton environnement, il y a une légère différence :mrgreen:
Là, faut arrêter l'obsession et militer pour les vrais problèmes !

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 19:57
par fp03
Je suis d'accord !
Mais cela ne répond pas à ma question sur ce que je peux faire de ces fonds de bouteilles parce que ça commence à s'accumuler depuis que j'étudie les lichens !

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 20:57
par YVES50
Bonsoir,
Je ne connais point les réactifs utilisés en lichénologie, cependant je pense que vous n'en avez pas des hectolitres !
Après, il faut voir au cas par cas pour ces molécules délétères. Ces fonds de bouteilles ont-ils vraiment un volume conséquent ? Si oui, il faudrait modérer votre consommation... ;)
ps. pour le Lugol, encore lui, quand je verse un dixième de ml dans ma fosse toutes-eaux de 3 metres-cubes , des bactéries réductrices se chargent de traiter cet apport.

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 22:14
par michel17
Bonjour fp03,
Si il s'agit vraiment de fonds de bouteilles, je me rendrais une fois par semaine dans une grande ville, trouverais des WC publiques pour y verser "un fond de bouteille" par semaine.
Pour avoir bonne conscience je me renseignerai sur le volume traitée par la station d'épuration locale pour calculer la concentration moléculaire obtenue, je suis sûr que que le résultat fera passer l'homéopathie pour une activité hautement toxique.
Ne croyez pas que je me moque ou que je plaisante, la pollution est une affaire de concentration.
Autre solution: donner vos réactifs à un club de mycologie !

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 23 août 2022 22:33
par Buteo
Piste : essayer les pharmacies puisqu'ils ont un circuit de récupération des médicaments, à voir et nous tenir au courant.
Les déchetteries sont aussi une solution.

Re: Aide à l'étude des prélèvements

Posté : 24 août 2022 15:22
par Bernard-J
Comment éliminer ce type de produits chimiques ? C'est une bonne question et je suis aussi d'accord avec les réponses apportées. Je voudrais profiter de cette occasion pour amener une information un peu plus approfondie.

Bien entendu, il faut s'accorder sur ce qu'est un fond de bouteille à éliminer: millilitres - décilitres - litres ?
Je présume que si vous amenez 5 ml de lugol à un pharmacien, il vous rira au nez,.. ou encaissera une taxe...et éliminera le contenu du flacon dans les toilettes... (Le lugol est un des médicaments listé comme essentiel par l'OMS).

Liste des réactifs pour la lichenologie : http://www.afl-lichenologie.fr/Afl/Pd_chimiq_01.htm

Les caractéristiques de chaque produit chimique sont décrites dans un document MSDS (material data sheet) qui existe aussi en Français. Il suffit de googler le nom du produit suivi de MSDS pour trouver ces documents.
Pour le lugol, vous trouverez ainsi qu'il est un mélange de iode et de iodure de potassium, toxique pour l'environnement aquatique.

Maintenant, il ne faut pas oublier ce qu'a dit Paracelse : « Rien n’est poison, tout est poison: seule la dose fait le poison. »
Il faut aussi être conscient que ces documents MSDS concernent premièrement les industries manipulant de grandes quantités de ces produits et leur transport.
Il faut aussi différencier la toxicité pour l'utilisateur de celle pour l'environnement. Une microgoutte d'acide nitrique ou de potasse caustique dans un oeil en préparant une lame de microscope et l'oeil est potentiellement perdu. Par contre, quelques ml dilués n'auront aucun effet néfaste pour l'environnement.

J'ai été amusé en cherchant les propriétés du paraphénylènediamine décrit ainsi par l'AFL :
"Ce réactif est toutefois très toxique, il ne doit être manipulé qu'au laboratoire en évitant tout contact avec la peau, les yeux, la langue."
Cette description est correcte selon le MSDS, mais pourtant, on le trouve dans des teintures pour cheveux.. :o
https://fr.wikipedia.org/wiki/P-Ph%C3%A ... 8nediamine

L'eau de javel par exemple est utilisée à gogo par de nombreux ménages pour nettoyer/désinfecter les sols. Ces quantités seront potentiellement bien plus néfastes que les ml utilisés comme réactifs.
Si l'eau de javel est mélangée au réactif acide nitrique ou HCl, il va s'en suivre un dégagement de gas chlore (Cl2) hautement toxique.
Mon conseil serait de ne pas mélanger ces différents réactifs dans un pot fourre tout..et de les éliminer directement. D'ailleurs, pour une élimination professionnelle de déchets chimiques, il faut séparer les déchets chlorés (halogénés) des autres produits.

Ouf,.. j'espère que ce bla-bla sera utile !