Prêle casse-tête
Posté : 20 nov. 2015 11:59
Bonjour à tous
vous connaissez surement cette sensation de vouloir faire rentrer une espèce au chausse-pieds dans une diagnose, comment elle peut finalement se révéler inconfortable...
Donc voilà, j'ai une station où poussent trois espèces de Prêles. Je les ai déterminées avec la grande flore de Bonnier, puis j'ai complété les illustrations par divers observations que je compte vous partager ici. Il s'agit de Equisetum variegatum, Equisetum telmateia et d'une espèce que j'ai déterminée comme étant Equisetum palustre et qui motive ce message.
Caractères spécifiques en italiques selon Bonnier, observations personnelles en gras et entre parenthèses : Les tiges sont d'une seule sorte, d'un vert pale, presque lisses, (pas vraiment) très profondément marquées en long de 6 à 8 sillons (à l’œil oui, en coupe 13 sillons), creusées d’une petite cavité centrale (plutôt moyenne ici) et pourvues de gaines un peu élargies (élargissement au niveau des dents) dans le haut, assez profondément divisées en 6 a 8 dents (oui) (elles peuvent avoir, mais rarement, jusqu’à 12 dents) effilées, d'un brun noirâtre avec d'assez larges bords membraneux et blanchâtres (oui sauf les bords membraneux pas très larges). Les rameaux, en nombre variable et parfois très réduit, sont étales-dressés (oui), disposes en verticilles espacés, le plus souvent par 8 à 12 (oui), ordinairement simples, creux et a 4 ou 5 (7 ici) cotes non tranchantes (oui) séparées par des sillons peu profonds (oui). La gaine qui entoure la base des rameaux est d'un noir brillant (non, seulement l’écaille basale). L’épi, qui mesure de 1 cm. et demi à 4 cm. de longueur (10-15 mm ici), est oblong et obtus, sans petite pointe (petite pointe le plus souvent présente) ou rarement muni d’une petite pointe au sommet, roux mêle de noir (jamais de roux ici). Les sporanges se développent depuis le mois de mai jusqu'au mois d’aout (octobre-novembre ici, mai-septembre pour Coste).
Observations complémentaires : les dents sommitales des gaines sont renflées à la base et parcourues sur toute leur longueur, jusqu’au sommet, par un sillon bien marqué.
Comme vous le voyez, il y a quand même beaucoup de caractères qui ne collent pas, d'où cet inconfort... que je soumet à votre sagacité !
De là à envisager un croisement entre variegatum et telmateia... il y a un pas difficile à franchir vu les différences des tiges fertiles : tige unique chez la première, séparée chez l'autre.
ILLUSTRATIONS en relation avec la question (pas de microscopie, puisque les diagnoses n'en parlent pas) :
Cette prêle, qui pousse en sous-bois, utilise les troncs des jeunes frênes pour grimper jusqu’à deux mètres de hauteur, en formant des amas échevelés à la base de leur tronc. Tige et sa coupe Gaine et coupe de verticille
vous connaissez surement cette sensation de vouloir faire rentrer une espèce au chausse-pieds dans une diagnose, comment elle peut finalement se révéler inconfortable...
Donc voilà, j'ai une station où poussent trois espèces de Prêles. Je les ai déterminées avec la grande flore de Bonnier, puis j'ai complété les illustrations par divers observations que je compte vous partager ici. Il s'agit de Equisetum variegatum, Equisetum telmateia et d'une espèce que j'ai déterminée comme étant Equisetum palustre et qui motive ce message.
Caractères spécifiques en italiques selon Bonnier, observations personnelles en gras et entre parenthèses : Les tiges sont d'une seule sorte, d'un vert pale, presque lisses, (pas vraiment) très profondément marquées en long de 6 à 8 sillons (à l’œil oui, en coupe 13 sillons), creusées d’une petite cavité centrale (plutôt moyenne ici) et pourvues de gaines un peu élargies (élargissement au niveau des dents) dans le haut, assez profondément divisées en 6 a 8 dents (oui) (elles peuvent avoir, mais rarement, jusqu’à 12 dents) effilées, d'un brun noirâtre avec d'assez larges bords membraneux et blanchâtres (oui sauf les bords membraneux pas très larges). Les rameaux, en nombre variable et parfois très réduit, sont étales-dressés (oui), disposes en verticilles espacés, le plus souvent par 8 à 12 (oui), ordinairement simples, creux et a 4 ou 5 (7 ici) cotes non tranchantes (oui) séparées par des sillons peu profonds (oui). La gaine qui entoure la base des rameaux est d'un noir brillant (non, seulement l’écaille basale). L’épi, qui mesure de 1 cm. et demi à 4 cm. de longueur (10-15 mm ici), est oblong et obtus, sans petite pointe (petite pointe le plus souvent présente) ou rarement muni d’une petite pointe au sommet, roux mêle de noir (jamais de roux ici). Les sporanges se développent depuis le mois de mai jusqu'au mois d’aout (octobre-novembre ici, mai-septembre pour Coste).
Observations complémentaires : les dents sommitales des gaines sont renflées à la base et parcourues sur toute leur longueur, jusqu’au sommet, par un sillon bien marqué.
Comme vous le voyez, il y a quand même beaucoup de caractères qui ne collent pas, d'où cet inconfort... que je soumet à votre sagacité !
De là à envisager un croisement entre variegatum et telmateia... il y a un pas difficile à franchir vu les différences des tiges fertiles : tige unique chez la première, séparée chez l'autre.
ILLUSTRATIONS en relation avec la question (pas de microscopie, puisque les diagnoses n'en parlent pas) :
Cette prêle, qui pousse en sous-bois, utilise les troncs des jeunes frênes pour grimper jusqu’à deux mètres de hauteur, en formant des amas échevelés à la base de leur tronc. Tige et sa coupe Gaine et coupe de verticille