Fogo
Posté : 12 mai 2015 22:33
Bonsoir à toutes et tous,
Ma dernière contribution, touristico-naturaliste, liée à un récent voyage au Cap Vert.
L’île de Fogo est un impressionnant cône volcanique de 25 km de diamètre au niveau de la mer qui s’élève très régulièrement jusqu’à son sommet, le Pico Grande (Pico do Fogo) qui culmine à 2829 m.
Baladez-vous sur Google Earth en attendant d’y aller ! C’est impressionnant.
Le sommet de l’île, après une éruption ancienne, s’est effondré en une caldeira de 5 km de diamètre environ, bordée vers l’ouest par une falaise de 600 à 650 m de hauteur recoupant à l’emporte-pièce et à la verticale l’ancien strato-volcan. Un peu plus récemment, mais avant la présence de l’homme, c’est une éruption qui a donné naissance au Pico Grande qui s’appuie sur le plancher de la caldeira, mais est excentré vers l’est.
La caldeira est habitée parce que malgré le manque de pluie, la rosée apporte une humidité suffisante pour des cultures maraîchères et de la vigne sur les riches cendres volcaniques. Le cha, le vin local, blanc ou rouge (14 % s’il vous plaît) est excellent. Il y a donc deux villages dans la caldeira, et, en temps normal, un millier d’habitants, en majorité agriculteurs (même si la racine agri- semble un peu déplacée dans de contexte…) et il y a un peu d’élevage, bovins et porc principalement. Il y avait deux petits hébergements lors de ma précédente visite, avec groupes électrogènes et frigos à gaz, l’eau était montée (dénivelé de 1700 m quand même!) dans des camions citernes depuis la grande ville, São Felipe. En effet, les rares sources au pied de la falaise sont réservées à la boisson et à un usage domestique. Les impluviums n’avaient pas vu de pluie pour emplir les citernes depuis plusieurs années.
En 1995, une première éruption détruit une grande partie des villages, mais qui sont reconstruits. Lors d’une première visite, en 1998, j’avais recueilli une variété extraordinaire de bombes volcaniques basaltiques, en fuseau, en croûte de pain, et une forme particulière que j’avais baptisée « en aumonière » voir http://www.scienceaction.asso.fr/ressou ... -de-fogo-1.
En 1995, puis lors d’un deuxième séjour dans la caldeira, une route pavée, en pavés de basalte bien sûr, menait de l’entrée de la caldeira jusqu’aux villages, et autour, les anciennes coulées de lave lisse ou cordée ou bien de laves chaotiques étaient en partie recouvertes d’une couche de projections, cendres et lapillis, d’autant plus épaisse qu’on se rapprochait du point d’émission 1995, le Pico Pequeno, dont le sommet, en 2010, était encore le siège d’une activité fumerollienne résiduelle. 1000m de hauteur pour le Pico Grande, 100 à 150 pour le Pico Pequeno, au pied du Pico Grande.
En décembre 2014, avec un sursaut en février 2015, une nouvelle éruption a engendré un frère jumeau au Pico Pequeno, le Pico Novo, et a de nouveau détruit les villages. Tous les habitants ont pu être évacués. Les autorités ne les ont pas beaucoup aidés : l’aide internationale semble d’être vaporisée entre la capitale, Praia, et Fogo.
A suivre
Ma dernière contribution, touristico-naturaliste, liée à un récent voyage au Cap Vert.
L’île de Fogo est un impressionnant cône volcanique de 25 km de diamètre au niveau de la mer qui s’élève très régulièrement jusqu’à son sommet, le Pico Grande (Pico do Fogo) qui culmine à 2829 m.
Baladez-vous sur Google Earth en attendant d’y aller ! C’est impressionnant.
Le sommet de l’île, après une éruption ancienne, s’est effondré en une caldeira de 5 km de diamètre environ, bordée vers l’ouest par une falaise de 600 à 650 m de hauteur recoupant à l’emporte-pièce et à la verticale l’ancien strato-volcan. Un peu plus récemment, mais avant la présence de l’homme, c’est une éruption qui a donné naissance au Pico Grande qui s’appuie sur le plancher de la caldeira, mais est excentré vers l’est.
La caldeira est habitée parce que malgré le manque de pluie, la rosée apporte une humidité suffisante pour des cultures maraîchères et de la vigne sur les riches cendres volcaniques. Le cha, le vin local, blanc ou rouge (14 % s’il vous plaît) est excellent. Il y a donc deux villages dans la caldeira, et, en temps normal, un millier d’habitants, en majorité agriculteurs (même si la racine agri- semble un peu déplacée dans de contexte…) et il y a un peu d’élevage, bovins et porc principalement. Il y avait deux petits hébergements lors de ma précédente visite, avec groupes électrogènes et frigos à gaz, l’eau était montée (dénivelé de 1700 m quand même!) dans des camions citernes depuis la grande ville, São Felipe. En effet, les rares sources au pied de la falaise sont réservées à la boisson et à un usage domestique. Les impluviums n’avaient pas vu de pluie pour emplir les citernes depuis plusieurs années.
En 1995, une première éruption détruit une grande partie des villages, mais qui sont reconstruits. Lors d’une première visite, en 1998, j’avais recueilli une variété extraordinaire de bombes volcaniques basaltiques, en fuseau, en croûte de pain, et une forme particulière que j’avais baptisée « en aumonière » voir http://www.scienceaction.asso.fr/ressou ... -de-fogo-1.
En 1995, puis lors d’un deuxième séjour dans la caldeira, une route pavée, en pavés de basalte bien sûr, menait de l’entrée de la caldeira jusqu’aux villages, et autour, les anciennes coulées de lave lisse ou cordée ou bien de laves chaotiques étaient en partie recouvertes d’une couche de projections, cendres et lapillis, d’autant plus épaisse qu’on se rapprochait du point d’émission 1995, le Pico Pequeno, dont le sommet, en 2010, était encore le siège d’une activité fumerollienne résiduelle. 1000m de hauteur pour le Pico Grande, 100 à 150 pour le Pico Pequeno, au pied du Pico Grande.
En décembre 2014, avec un sursaut en février 2015, une nouvelle éruption a engendré un frère jumeau au Pico Pequeno, le Pico Novo, et a de nouveau détruit les villages. Tous les habitants ont pu être évacués. Les autorités ne les ont pas beaucoup aidés : l’aide internationale semble d’être vaporisée entre la capitale, Praia, et Fogo.
A suivre