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Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 03 août 2014 15:12
par PierreM
Hello
Le débat suite à la présentation du chardon commun par Miss Dutilleul (mère ou fille, je ne sais plus très bien

) me fait penser à cet article que j'ai lu il y a quelques temps au sujet de la
La tomate cœur de bœuf, une supercherie qu'il faut dénoncer.
On nous vends des produits de qualité inférieure, des hybrides qui n'ont pas les qualités de la vraie cœur de bœuf mais reviennent beaucoup moins cher aux producteurs et profitent d'effets de mode.
Soit, c'est vrai.
Mais dans le même article je lis :
"Ce que l’on appelle "cœur de bœuf" sont à 90% des produits insipides, creux, à la peau épaisse et de consistance farineuse, s’indigne Alain Cohen, grossiste à Rungis. La véritable cœur de bœuf est savoureuse, molle quand elle est mûre et ne se conserve pas plus de trois jours".
et
L’enjeu économique est considérable quand on sait que les variétés croisées ont un rendement cinq à six fois plus efficace à l’hectare.
Quel serait le prix de reviens de vraies cœurs de bœuf, 5 à 6 fois plus ?
Et pour un produit qui ne se conserve que quelques jours, ce qui devrait logiquement encore faire augmenter les coûts.
Est-ce que tous les consommateurs pourraient se le permettre ?
J'en doute fort.
Les petits revenus qui n'ont pas de jardin ou d'amis jardiniers risquent de ne jamais connaître le goût de la vraie cœur de bœuf.
Que l'agroalimentaire se livre à de lamentables et dangereux excès est indéniable mais je ne pense pas du tout que ces pratiques puissent être éradiquées pour le bien de tout le monde.
Par contre il est effectivement scandaleux de vendre sous nom de cœur de boeuf des hybrides.
Mais nous ne vivons pas en vase clos et nos politiques semblent toujours vouloir céder à l'hégémonisme américain qui désire fortement supprimer les appellations contrôlées et produits d'origine européens. On aura ainsi du véritable Bordeaux produit en Chine, du vrai Champagne californien ou ukrainien, de l'authentique Mont-Dore indien... donc pourquoi pas de la cœur de bœuf qui n'en est pas vraiment.
Le cornichon indien est 40% moins cher que le ,cornichon français et c'est surtout lui qu'on trouve dans nos bocaux; main d’œuvre bon marché probablement mais si les producteurs français veulent reconquérir le marché, ils utiliseront force hybrides ou OGM, produits phytosanitaires, main d’œuvre sous payée...
Je connaissais un pakistanais qui vendait des roses à la sauvette lorsqu'il ne trouvait pas à se faire embaucher comme saisonnier sous payé plus ou moins (et plutôt plus que moins) au black en France ou en Espagne.
Amicalement
Pierre M.
A propose de la "Coeur-de-boeuf"
Posté : 03 août 2014 16:05
par Gilles BILLARD
J'ai souvent cultivé cette tomate (la vraie cœur de bœuf)
Elle a tous les défaut qu'un pied de tomate puisse avoir: plein de gourmands, fructification tardive, sensible a l'oïdium et au mildiou, fuits difformes impossibles farcir....
Mais je m'en moque, c'est une tellement bonne tomate que ca vaut le coup.
Un bon fruit ca se mérite quand on est un jardinier digne de ce nom.
Quand a la pseudo CdB des super-marchés: je ne me lasse pas de dire tout haut a mon épouse, devant le rayon, que ce n'en est pas et que c'est un OGM et a tous les coups ca marche: On me demande pourquoi.
++
Re: Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 03 août 2014 17:31
par Maraussan
Gilles:
J'ai souvent cultivé cette tomate (la vraie cœur de bœuf).
Elle a tous les défauts qu'un pied de tomate puisse avoir: plein de gourmands, fructification tardive, sensible à l'oïdium et au mildiou, fruits difformes impossible à farcir...
Bonjour,
j'arrive hélas aux mêmes conclusions, quant aux vraies CdB et aux hybrides.
D'après ton expérience, quelles variétés adopter qui ne soient ni des F1 (donc on peut récolter les graines et les resemer), pas trop sensibles au mildiou, pas trop sensibles au stress hydrique (maladie du cul noir), et plus précoces... ?
J'ai le même problème avec mes Christophines (chayottes-chouchous), attaques massives de mildiou, jamais constatées lors de mes séjours tropicaux. J'aurais dû ramener des fruits à piquants, les lisses en forme de poire semblent trop fragiles...
Il est vrai que cette année, la météo à offert des conditions ultra propices au mildiou : humidité fréquente et température inférieure à 25°C.
Re: Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 03 août 2014 19:52
par shrek
"pas trop sensibles au stress hydrique (maladie du cul noir), "
Trop ou pas assez d'eau ?
car tous les ans j'ai le même problème
jp
Re: Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 03 août 2014 20:56
par Gilles BILLARD
@Alain,
J'ai trouvé auprès de Kokopeli tout un tas de vielles espèces.
Les espèces sélectionnées par les russes sont particulièrement intéressantes car précoces. Certaines sont d'ailleurs toujours en production (possiblement améliorées) comme la Noire de Crimée .
Aussi: Odessa, Aurora, Andine cornue, Géante d'Orenburg, et bien sur la CdB...
et en cerises: la Peace vine (quoique la sweet 100 qui est de production récente est ultra bonne )
Si tu en testes d'autres n'hésite pas a me communiquer tes impressions.
Pour ce qui est du stress hydrique, il ne peut venir chez moi que du ciel car je n'arrose pas les tomates; J'applique une technique décrite par Jean Pain que j'ai découvert quand j'étais jeune homme: paillage épais grâce a un mulch de tontes et de copeaux de broyage.
J'ai également un vieux pied de Christophine en serre, il ne produit que peux de fruits a cause d'une fécondation plus qu'aléatoire mais reste en bonne santé jusqu'à ce que l'humidité saturante d'automne apporte un peu d'oïdium.
Maintenant, pour revenir au sujet je pense que le consommateur doit montrer que c'est lui le roi. Regardez comment les industriels font machine arrière avec l'huile de palme (sauf chez les hard discounters) comment il ont molli sur les colorants, sur l'excès de sel, les conservateurs etc....
Pour les fruits et les légumes ca devrait être un peu pareil; Si on boycottait les tomates en grappe, les peches a la con, les abricots au gout de navet, les pommes et les poires qui, non contentes d'être standardisées sont stockées en frigo, on forcerait la GD a demander aux producteurs de bons produits.
Bien sur cela aurait un cout.... mais les obèses et les surpoids sont en progression rapide, alors manger moins et manger mieux irait plutôt dans le bon sens et ca ne couterait pas plus cher pour le porte monnaie.
++
++
Re: Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 03 août 2014 22:58
par Maraussan
Jean Pierre:
"pas trop sensibles au stress hydrique (maladie du cul noir), "
Trop ou pas assez d'eau ?
car tous les ans j'ai le même problème
C'est pareil. J'explique : si l'on espace les arrosages, par exemple tous les 3 jours dans mon secteur balayé par la tramontane et le vent d'autan, le 3ème jour les plans de tomates souffrent de déshydratation. Le jardinier en fin de 3ème jour effectue un arrosage (trop) copieux, afin de réhydrater les plants, et constituer une réserve d'eau massive dans la profondeur du ruisseau. C'est donc un cycle de déshydratations et de noyades alternées des racines. Forte probabilité que le plant présente la maladie du cul noir ou pourriture apicale (ou encore nécrose apicale). Et rien à voir avec une attaque fongique de la tomate.
On observe moins de désordres avec un arrosage moins copieux, tous les 2 jours.
L'idéal étant de garder la terre fraiche en permanence, jamais détrempée, avec un arrosage minime tous les jours, effectué rapidement et en une seule passe (pas par goutte à goutte). On y arrive avec des terres très travaillées, qui respirent bien, humifères et vivantes. C'est ce cas de figure qui offre aux plants les meilleures possibilités de développement racinaire, et la meilleure résistance au stress. Le problème étant la disponibilité du jardinier. Certes, on peut partiellement automatiser l'arrosage, avec le concours de sondes hydriques ...
En climat tropical vrai, avec 2 courtes pluies par jour (matin et soir, lors de l'inversion des vents terre/mer), je n'avais pas ces problèmes (bon OK, j'en avais d'autres...).
Re: Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 04 août 2014 16:40
par Fredlab
Hello
Gilles BILLARD a écrit :Maintenant, pour revenir au sujet je pense que le consommateur doit montrer que c'est lui le roi. Regardez comment les industriels font machine arrière avec l'huile de palme (sauf chez les hard discounters) comment il ont molli sur les colorants, sur l'excès de sel, les conservateurs etc....
Ce que je dis à mes élèves... les OGM, si on n'en veut pas, on n'en achète pas... mais les industriels font du lobbying pour interdire tout étiquetage sur la réalité de la cochonnerie qu'ils vendent, ils maitrisent à la perfection les "goûts" avec des tonnes d'additifs, ils font de la pub, créent des effets d'aubaine - impossible de résister.
Gilles BILLARD a écrit :Pour les fruits et les légumes ca devrait être un peu pareil; Si on boycottait les tomates en grappe, les peches a la con, les abricots au gout de navet, les pommes et les poires qui, non contentes d'être standardisées sont stockées en frigo, on forcerait la GD a demander aux producteurs de bons produits.
Tu peux rajouter la fraise présente sur les étals dès février

, les melons dégueulasses...
Par contre, il m'est arrivé de manger de sublimes pommes chiliennes (autant de goût que mes pommes ultra-bio de mes vénérables pommiers), de découvrir le Pomelo chinois au goût fort sympathique...
Pas facile de faire la part des choses.
5 fruits et légumes par jour... à quel prix ?
(dans le genre, le kg de pomme à 3,5 euros, en supermarché (pas bio, flétrie en quatre jours)... on nous prend pour des pommes)
Je vous rappelle
ce topic.
Re: Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 04 août 2014 20:49
par Eddy
Bonsoir le forum,
je vous laisse imaginer les légumes anglais.
Cordialement,
Eddy
Re: Agroalimentaire et consommateurs
Posté : 09 août 2014 17:55
par BINO-BONI
Quelles que soient les variétés anciennes de tomate, elles sont toutes très sensibles au mildiou, peu productives et fragiles à la conservation. Par contre elles sont moins fragiles au "cul noir".
Ce qui explique qu'elles sont très peu cultivées par les maraichers parce que peu rentables ou trop chères à l'étalage!
Cette années, les andines cornues dans mon jardin, sont déjà ratatinées par le mildiou malgré une protection phytosanitaires sévère puisque imposée par le climat.
On ne peut pas vouloir tout est son contraire: de bonnes tomates, anciennes, et les payer moins de 5 ou 6 € le kg!
Quant-à l'éducation du consommateur, on en parle depuis des décennies mais je ne vois toujours rien venir................les tomates marocaines en janvier se vendent toujours aussi bien!