Bonsoir
Pour une fois Alain, avec le respect que je te dois, c'est moi qui vais pousser un coup de gueule!
1 - la loque américaine a toujours existé et était très redouté de tout temps! PERRET MAISONNEUVE en parle déjà abondamment dans son ouvrage de 1926 et on ne peut pas dire que l'apiculture intensive, les pesticides, le varroa, les facteurs de stress moderne et l’affaiblissement de la ressource étaient responsables en 19026!
2 - Les facteurs de propagations de la loques,les spores sont TRES RESISTANTES et PRESENTES EN PERMANENCE DANS TOUTES LES COLONIES A L'ETAT DE TRACE!
3 - La présence de loque
européenne déclarée, moins grave que l'américaine est dans la plupart des cas consécutive à une carence protéique. c'est souvent la maladie de printemps bien connue des apiculteurs provençaux au printemps quand les colonies bien développées doivent faire face à une insuffisance temporaire de sources de pollen. le plus souvent, les colonies se rétablissement seules sans traitement ou intervention de l'homme. Ce n'est pas le cas de la loque américaine. mais il arrive que les deux maladies se manifestent en même temps.
4 - J'ai subi une attaque de loque en 2012-2013 sur mon (petit) rucher: 4 ruches présentaient des symptomes sur 10 en septembre 2012, confirmés par une analyse microbiologique (bactéries faciles à identifier) J'ai donc suivi à la lettre le protocole conseillé par le vétérinaire dont pour commencer:
déclaration obligatoire au GDS de mon département qui fait prendre un arrêté préfectoral diffusé dans toutes les communes à 10 km du rucher.
5 - Le traitement: SOUS CONTRÔLE VÉTÉRINAIRE: antibiotique (streptomycine je crois) (oui, je n'ai pas honte de le dire, quand les écolos ont une septicémie ils acceptent aussi les antibiotiques plutôt que de passer l'arme à gauche!!!) en septembre pour stopper la mortalité du couvain préjudiciable à l'hivernage. Au printemps: re-antibiotique (protocole suivi par le véto sur place) puis opération OBLIGATOIRE vers la fin mars: TRANSFERT DE LA COLONIE SEULE VERS UNE AUTRE RUCHE DÉSINFECTÉE ÉQUIPÉE DE CADRES DE CIRE GAUFFREE, par la méthode de l'expulsion par l'avant sans contact des ruches. Ceci pour
toutes les ruches du rucher.
Ensuite: DESTRUCTION DE TOUS LES CADRES PAR LE FEU ( opération insupportable pour un apiculteur: les cadres de couvains pleins jusqu'au bord) (toujours sous contrôle vétérinaire + photos), désinfection par le feu des ruches en bois et de tous les accessoires (plateaux, couvre-cadres-toits, hausses utilisées l'année même)
Conclusion, 15 jours après le transfert, dans la plupart des ruches: 10 cadres bâtis dont 8 cadres pondus + couvain, c'était des BUCKFAST. mais comme le mois d'avril 2013 était pourri j'ai dû nourrir tous les deux ou trois jours + protéines. résultat: RÉTABLISSEMENT TOTAL et je n'ai plus entendu parler des la loque. Mais je reste vigilant sur l'état du couvain, toutes les odeurs suspectes, tous comportements bizarres. Bref, JE SURVEILLE.
Donc en résumé il est faux de dire qu'on doit TOUT DÉTRUIRE! Si l'apiculteur détecte la maladie sur une seule ruche, OUI il a intérêt a la détruire, bruler le contenu et désinfecter ce qui reste mais s'il ne déclare pas la loque à son vétérinaire, il est en infraction avec la loi. S'il constate plusieurs cas, il peut, en urgence, si la saison le permet (avant juillet) passer ses colonies sur ruches neuves, et cire gaufrée, c'est le minimum à faire et dans certains cas CA PEUT SUFFIRE mais gare, il peut retrouver une récidive dans les mois qui suivent!
Le vétos qui connaissement bien la maladie pensent qu'il peut exister des essaims sauvages installés dans un creux d'arbre, un vieux poteau, une veille ruine, essaim qui dépérit par la loque, contamine les environs, puis et périodiquement l'emplacement est repris par un nouvel essaim qui assurera le repiquage de la maladie. etc...
Que la cause du déclenchement de la maladie soit attribuée au stress, refroidissement du couvain (c'est la dernière théorie à la mode), baisse des ressources en pollen, pesticides (forcément, il faut bien les caser dans un cas aussi grave

) c'est possible, probable j'en doute, certain j'en doute encore plus. A mon avis, il vaut mieux chercher du côté des petits apiculteurs qui négligent leurs ruches (ce sont les mêmes que ceux qui n'adhèrent pas à un syndicat ou vendent leur miel au black sur les marchés), des essaims sauvages voir même des apiculteur professionnels qui ne s'emm..... pas et traitent systématiquement en catimini leurs ruches chaque année.
Avoir peur de la loque? non, je ne crois pas, tous les ruchers peuvent être touchés un jour ou l'autre! la seule prévention: SURVEILLANCE ET DÉTECTION PRÉCOCE!
- il faut détecter les odeurs suspectes (il y a plusieurs catégories, chez moi ce n'étaient pas celles signalées par la littérature, plutôt une odeur fétide, aigrelette qui n'a rien à voir avec l'odeur que l'on ressent à l'approche d'un rucher.
- Visiter les corps (état du couvain) au moins deux ou trois fois dans l'année et chaque fois qu'il y a un signe suspect.
- Changer de corps dès la première alerte. C'est ce que j'ai fait il y a 8 jours mais c'était une fausse alerte.
Je ne crois pas à la surveillance des spores dans le miel; comme on dirait dans le SUD OUEST, c'est du pipeau!
Quant au traitement par des antibiotiques, ils sont interdit par la loi en dehors d'un contrôle vétérinaire. On peut discuter de cette pratique qui fait horreur aux écolos mais face au désastre, comme toujours, j'attends qu'ils proposent des solutions alternatives EFFICACES pour régler le problême.
Ce printemps, j'ai connu la "maladie noire", depuis janvier sur des colonies fortes avec de belles réserves. Le stress? En janvier, personne ni rien ne vient les emm.... sauf moi pour contrôler leurs sorties, sans les toucher bien entendu! Cette saletée de vérole (virus) se traduit par une mortalité + ou - importante devant la ruche (de 50 à 150-200 abeilles par jours! Au total ça fait des pertes! Heureusement moins lourdes et avec peu de conséquence au printemps, mais je redoute septembre. Pas de remède: si la maladie dure trop, alors c'est la DESTRUCTION DE LA COLONIE qui s'impose donc ce sera la destruction complète de mon rucher!!!! Finalement, je préfère la loque!
Désolé d'avoir été si long, mais j'ai préféré parler de mon expérience sur le sujet évoqué, même si lenaturaliste n'est pas un site spécialement dédié à l'apiculture.