Pourrais-tu en dire plus sur ces "75% du génome en commun" ? au sein d'une espèce, le génome est identique chez tous les individus (en ce qui concerne le nombre de gènes). Les différences (allèles) se font à la marge, marge tolérée par la pression environnementale (sélection naturelle)
Quand je disais 75% du génome en commun, je voulais dire 75% des séquences en commun (indépendamment des mutations qui génèrent nécessairement une variabilité). Un peu comme un enfant dont 50% du génome (1 pool de chromosomes) vient de son père et l'autre 50% (l'autre pool de chromosomes) de sa mère.
L'histoire des 75% du génome (ou allèles/séquences si tu préfères) en commun est très intéressante, c'est là que réside tout le mystère des fourmis, et fait référence à la
sélection de parentèle développée par Hamilton en 1963. Pour faire simple, chez les fourmis le mode de reproduction est haplodiploïde, donc les reines vont produire 2 types d’œufs :
- des œufs fécondés (ovocyte + spermatozoïde) diploïdes dont le développement donnera des femelles (ouvrières ou futur reines).
- des œufs non fécondés (que ovocyte) haploïdes dont le développement donnera des mâles.
Dans le cas d'une société monogyne (= 1 seule reine) et monoandre (= reine fécondée par un seul mâle) :
- le coefficient d'apparentement « soeur/soeur » : (0,5 x 0,5) + (0,5 x 1) = 0,75
- le coefficient d'apparentement « mère/oeuf » : (0,5 x 0,5) + (0,5 x 0,5) = 0,5
→ Ainsi les femelles sont plus apparentées à leurs soeurs plutôt qu'à leur propre progéniture, elles ont donc plus d'intérêt à s'occuper des oeufs qui formeront leurs futurs soeurs plutôt que leurs propres œufs. Ce système favorise bien l'existence de femelles stériles et de comportements "faussement" altruistes.

- Corrélation génétique.jpg (45.64 Kio) Vu 3139 fois
Source :
Les Fourmis: Comportement, Organisation Sociale Et Évolution, Par Luc Passera,Serge Aron
mais j'aimerai en savoir plus sur cette histoire de génome vs nourriture.
Cette histoire de l'influence de l'environnement sur l'expression du génome à surtout été étudié concernant l'élevage de reine. A la base un même œuf pourra donner soit une reine fertile ou une ouvrière infertile (et donc des différences physiologiques, anatomiques et comportementaux très importantes) en fonction de plusieurs paramètres environnementaux. Pour faire simple, plus une larve sera nourrit (notamment en protéines), plus elle se mettra à produire l'hormone juvénile (hormone JH) à l'état larvaire, ce qui aura des conséquences important pendant la métamorphose. Néanmoins je ne sais pas comment exactement l'abondance en protéines module la production/expression/sécrétion de la JH.
En réalité c'est plus compliqué, d'autres facteurs interviennent également : des facteurs sociaux (avec notamment l'inhibition royale), des facteurs environnementaux (avec notamment la nécessité de diapause chez certaines espèces), et la taille de la colonie (il faut que la colonie ait atteint un certain nombre d'individus pour produire des séxué(e)s).
Si tu souhaites plus d'informations :
Les Fourmis: Comportement, Organisation Sociale Et Évolution, Par Luc Passera,Serge Aron (Page 83)
(accessoirement, serait-il possible de me faire parvenir quelques individus de chaque - encore vivants ? (mais il faudra que je les sacrifie

) - pour que je les passes dans mon studio stacking ?)
Pas de soucis, envoies moi ton adresse par MP, et je poste cela dans la semaine

(je t'enverrais même une reine vivante ou morte, c'est toi qui me dis

).