Bonjour Alain, tous,
D'abord, désolé, je rédigeais vite fait la réponse sur le bloc-notes, et je n'avais pas encore vu ta dernière intervention...
J'y répondrai tout-à-l'heure ou demain.
Oui Alain, je fais amende honorable…
Je m’en vais d’ailleurs de ce pas écrire un article qui va révolutionner l’entomologie et dont la thèse sera la suivante :
Harmonia axyridis (Coleoptera : Coccinellidae) est strictement cannibale, la preuve, j’en ai vu cinq s’entre-boustifailler dans mes boites de Petri….
Je ne doute pas que les reviewers seront ravis de cautionner une telle découverte !
Non, beaucoup plus sérieusement, je ne suis pas d’accord avec ta généralisation un peu hâtive de mon propos, mais c’est de ma faute, j’aurais du rappeler que c’était l’inférence inductive utilisée dans le contexte de la biologie, de l’écologie et de l’évolution…
Parce que sur ce dernier point, je te conseille au passage d’aller consulter ce site :
http://lifeorigin.free.fr/theoreme_cox_jaynes.html
qui se sert avec délices du « théorème » de Cox revu Jaynes pour distiller ses supercheries anti-évolutionnistes !
Au fait, théorème ou simple axiome ?
Un théorème se démontre, sans conventions de départ ni petits arrangements entre amis….
Et puis tiens, au passage, il en fait quoi du paradoxe de Condorcet, le « théorème » ?
Parce que ce paradoxe, j’ai pu en vérifier la réalité palpable lors d’une étude sur une rivière des Yvelines, et son peuplement en
Baetis vernus (Ephemeroptera : Baetidae).
Revenons à l’induction…
Je propose d’abord à ceux que le débat sur la logique inductive titille de relire (ou lire) :
Karl Popper, 1973. La logique de la découverte scientifique. Payot. 480p.
Pour moi, ce bouquin est aussi essentiel à la réflexion épistémologique que le Claude Bernard, qu’on étudie, lui, en terminale si je ne me trompe…
Rappel aussi, Cox était physicien, pas statisticien probabiliste, ni épistémologue, et il se réfère notamment à Keynes, Jeffreys et Wrinch (que discute d’ailleurs Popper dans le bouquin précité).
Voir aussi l’excellent papier de Shafer (2004) sis là :
http://www.glennshafer.com/assets/downloads/other14.pdf
qui critique Cox, avec des arguments percutants.
Je peux développer sur le plan théorique si souhaité (mais il faut que je trouve le moyen d’insérer de petits paquets de mini-équations maths et de tableaux dans les posts…).
Je préfère donner un exemple simple, plus accessible et parlant.
L’indice de qualité des eaux français, basé sur les macro-invertébrés benthiques, repose sur des données initialement collectées de quelques rivières de Franche-Comté.
Sur la base de celles-ci (donc ciblées à la fois spatialement, altudinalement, temporellement, biogéographiquement, et j’en passe…) un indice a été construit et utilisé sur le plan national…
C’est typiquement de l’induction !
En effet, les auteurs ont considéré que « si je trouve la bestiole dudule dans le tronçon de la rivière machin, lequel n’est pas impacté selon les quelques analyses physico-chimiques réalisées, alors à chaque fois que je trouverai dudule ailleurs, la rivière sera clean, CQFD. »
Sauf que c’est faux…. !!!
Plein d’études ultérieures l’ont démontré (et je passe par pudeur et politesse sur le niveau taxinomique utilisé…)…
Alors, ensuite, on a rafistolé le bidule, corrigé par ci, par là, modifié l’échantillonnage (parce que là aussi, on rigole !), et puis voilà…
On va vous dire ensuite pompeusement que votre rivière est toute propre sur elle parce que l’indice franc-comtois (nationalisé!) en a décidé ainsi, et puis circulez, il n’y a plus rien à voir !
Quant aux polluants qui y traînent, c’est à l’insu du plein gré de l’outil, donc ils n’existent pas !
Bon, voilà pour le moment !
Par contre, relativement au raisonnement inductif et à son intérêt pour la physique, je n’en sais rien, ce n’est pas du tout mon domaine, mais je peux me renseigner ….
Bonne journée