Bonjour Daniel, bonjour à tous!
L'idée d'un inventaire est effectivement à creuser, d'évidence, car nombre d'obstacles sont à éviter!
Pour la bonne compréhension du sujet, je vais rappeler succinctement comment nous avons mis en place l'inventaire "Ephemeroptera" (INVFMR), puis Plecoptera et Trichoptera. Ce peut être une base de réflexion.
Nous l'avons créé sur le modèle, modifié, de l'inventaire des Odonates (INVOD) de notre ami J-L. Dommanget.
Succession des évènements (mais un peu en vrac!):
- recherche de
toute la doc. disponible, tant au niveau taxonomique, que faunistique
- contacts avec des spécialistes prêts à s'investir
- recherche de sources exploitables (collections IBGN des DIREN par exemple)
- publication d'un "état des lieux" basé sur la littérature: liste des espèces présentes et potentielles, avec leur localisation
in litterature
- constitution d'un groupe de travail, mise en place d'un protocole de travail, incluant la notion de fiabilité des déterminations
- création de bases de données (faunistiques, bibliographiques, écologiques)
- création d'un site internet dédié (autogéré en première étape, puis sous l'aile protectrice de l'OPIE: OPIE-benthos)
- notion de collection de référence: les exemplaires collectés sont scrupuleusement centralisés aux fins de comparaisons, vérifications, etc.
- formation de groupes locaux, sur la base ici à la fois des associations naturalistes intéressées, des pêcheurs à la mouche, des institutionnels, et collaboration avec l'OPIE
- présentation du travail un peu partout: Minsistère (hydrobiol. des DIREN), colloques, etc.)
- assistance à des étudiants impliqués (plusieurs thèses, DEA, maitrises, etc.)
- création d'une revue scientifique (Ephemera), (avec anglais accepté, car contributeurs étrangers de très grande qualité)
- collaborations internationales (USA, UK, Allemagne, Norvège, Suède, Italie, Suisse, etc.)
- publications de résultats, atlas etc. dans le cadre de la revue Ephemera, mais aussi dans d'autres (Annales de la SEF, Bulletin de la SEF, Bull. soc sciences nat. divers, etc.). Ne pas hésiter à se lancer vers les revues de rang A, lorsque l'on tient une thématique intéressante.
Moyennant quoi, les résultats sont arrivés, et leur diffusion assurée: voir plusieurs revues "Insectes" de l'OPIE qui en vulgarisent l'évolution.
Pour les diatos, comment faire?
Oui, il existe l'Adlaf, oui il y a moultes IBD réalisés en France (mais attention, nombre de taxons retenus limité!). C'est comme l'IBGN dont je ne dirai pas aujourd'hui tout le mal que j'en pense, tant du point de vue théorique que pratique! Je me suis à de nombreuses reprises exprimé sur ce point par ailleurs, tout comme d'ailleurs relativement à la pseudo bio-indication des Odonates...
Donc, il existe déjà des structures, des spécialistes (Michel Coste par exemple, mais beaucoup d'autres), et surtout, c'est là que nous pouvons intervenir, des amateurs (au sens le plus noble) très, très compétents...
C'est jouable à mon avis, mais c'est long (et douloureux!) à mettre en place!
On peut (on doit?) y réfléchir.
Et tordre le cou au passage à cette fichue notion de "rareté" qui mérite une sérieuse analyse (Gaston y a consacré un excellent bouquin: - Gaston K.J. 1994. Rarity. Chapman & Hall- , mais d'autres auteurs s'y sont attaqués: Cao (1999); Kershaw et al.(1995); Marchant (1999); Preston (1948, 1962; Rabinowitz et al. (1986); et j'en passe!
Bien, la balle est au centre! Quels sont vos avis, et qui se sent prêt à commencer à débroussailler?
Bonne journée à tous!
Gérard