« Le roi devenu fou » par Théodore Monod

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Messagede 6le20 » 12 Fév 2019 10:02

Bonjour à tous !

« Le roi devenu fou » de Théodore Monod, article publié dans le Nouvel Observateur de Juin 1972.


« Ce qu’on appelle la crise de l’environnement est tout simplement le résultat d’une violation sans cesse aggravée des lois de l’écologie, fondées sur l’interdépendance des êtres vivants entre eux et avec leur milieu physique, c’est-à-dire sur la notion d’équilibres naturels. Un rapide coup d’œil sur les étapes de la situation de l’homme au sein de la biosphère, face aux autres éléments de la communauté biologique, peut aider à prendre une vue d’ensemble.
Dans une première phase, l’homme reste un prédateur parmi d’autres, occupant une modeste place dans sa biocénose originelle ; ses prélèvements sur le milieu demeurent comparables à ceux des autres parties prenantes : le lion, le guépard, les autres singes. Mais avec le perfectionnement de ses techniques d’acquisition, avec le biface, la flèche, le feu, son efficacité s’accroît sensiblement. Avec la révolution néolithique apparaît l’animal domestique, la céréale cultivée, la poterie, la ville, le palais, le temple, la boutique, l’entrepôt, la caserne, le bordel et la prison : la civilisation est en marche…
Si, à l’origine, un certain équilibre pouvait subsister entre le potentiel de destruction de l’homme et les capacités de récupération du milieu naturel, la balance, désormais, penchera de plus en plus en faveur de l’agresseur. Le processus de déséquilibre entre le potentiel de destruction de l’homme et les capacités de récupération du milieu naturel est dès lors engagé : il mènera tout droit à la bombe atomique et aux autres merveilles que nous prépare une technologie emballée, devenue une fin en soi et médiocrement soucieuse, jusqu’ici, de ce qui devrait tout de même compter : l’homme [et tout le vivant, devrions-nous ajouter].
Une idéologie belliqueuse et orgueilleuse, la mythologie d’un « roi de la création » chargé de conquérir, de dominer, sans souci des droits des autres êtres vivants, devaient nous permettre de ravager la planète en toute bonne conscience. Et d’autant plus facilement que la religion du profit allait rendre licite n’importe quel méfait du moment que l’assurance d’un gain venait l’absoudre, voire le sanctifier.
Dès lors, quoi d’étonnant si la production, l’industrialisation, le gigantisme humain, la croissance économique, sont tenus pour des vertus axiomatiques ? Au point que l’on en arrive — et qui ne voit là la condamnation par l’absurde de tout le système ? — à faire les choses non parce qu’elles ont été mûrement réfléchies et reconnues bénéfiques au développement de l’homme sous ses divers aspects [et à sa cohabitation harmonieuse avec l’ensemble du vivant, avec le monde naturel, devrait-on ajouter], mais uniquement parce qu’elles sont possibles (et qu’on les espère « rentables »). On fera l’avion supersonique pour la seule raison qu’on peut le faire : est-ce raisonnable, est-ce digne d’un Homo qui ose se prétendre sapiens ?
Les aberrations écologiques qu’entraîneront ces beaux (et lucratifs) principes, on ne les connaît que trop. Il suffit d’ouvrir les yeux pour juger de l’étendue des désastres déjà consommés et de ceux que de fructueuses complicités sont en train de nous préparer. « Jamais on n’a tant parlé de protéger la nature. Jamais on n’a tant fait pour la détruire », remarquait Philippe Saint-Marc, auteur du courageux ouvrage « Socialisation de la nature ». Ce n’est que trop vrai : partout, projets insensés, dégâts stupides, sites défigurés, sournoise montée d’une inexorable marée de déchets et de détritus, pollutions de toute sorte, menaces en tout genre, y compris celle dont il est de mauvais goût de trop parer, celles de la radioactivité, par exemple, ou du tabac cancérigène d’État. […]
La grosse industrie, les grands pollueurs, devant l’émotion enfin soulevée dans le public par leurs excès, se trouvent désormais sur la défensive et réagissent de plusieurs façons. D’abord par d’habiles plaidoyers, inconcevables, parce qu’alors inutiles, il y a seulement quelques dizaines d’années. On condamne en bloc les tenants d’une « vague mythologie manichéenne », les rousseauistes, les passéistes, les amateurs de « rêve bucoliques » ou de « pureté champêtre », les sentimentaux, bref tous ceux qui ont l’impertinence, ces impies, de refuser d’adorer le Veau d’or, le Fric-Jéhovah ou Sainte Production. Au besoin, on les accusera de vouloir revenir à l’ère préindustrielle, alors qu’ils osent justement penser à l’avance l’ère postindustrielle, qui pourrait bien venir plus tôt que certains ne l’imaginent ou le souhaitent. Puis on tente de minimiser les faits ou d’en émasculer la signification : n’y a-t-il pas eu, de tout temps, une érosion naturelle ? Des espèces animales n’ont-elles pas déjà disparu sans intervention de l’homme ? Comme si des phénomènes d’ordre géologique, à l’échelle de millions d’années, pouvaient avoir quoi que ce soit de commun avec les dégâts des pétroliers, des princes du béton ou des rois de la bauxite !
On va d’ailleurs plus loin, en tentant de vastes opérations de « dédouanement » publicitaire, par exemple par la fondation de prix pour encourager la protection de la nature ou par des subventions aux sociétés luttant pour la défense de l’environnement — qui, d’ailleurs, n’étant pas prêtes à accepter de l’aide de n’importe qui, exigent que l’on montre d’abord « patte blanche ». À en croire certaines de ces firmes puissantes, c’est tout juste si leur souci majeur, essentiel, primordial, ne serait pas devenu la protection de l’environnement, le reste — profits, dividendes, etc. — n’étant désormais que secondaire. […]
Autre argument : tout le monde pollue, le vrai coupable c’est vous, c’est moi, c’est la ménagère, plutôt que l’usine. Certes, nous sommes tous peu ou prou responsables, mais qui nous a vendu le détergent non biodégradable, l’herbicide, l’essence, l’emballage en plastique ? [Et surtout, faudrait-il ajouter : comme si nous vivions en démocratie, comme si nous voulions tous et étions tous également responsables de l’ordre établi, de l’organisation sociale dominante, comme si nous n’étions pas, nous qui ne détenons aucun pouvoir décisionnaire dans la société industrielle, entièrement dépossédés de tout pouvoir sur nos existences et sur les sociétés de masse dans lesquelles nous sommes piégés].
L’environnement, les équilibres écologiques, etc., deviennent une tarte à la crème : de hauts personnages en ont, sans rire, plein la bouche, de ces mots qu’ils ignoraient il y a six mois. Mais c’est à la mode de cela « fait bien ». […] On ne luttera plus, désormais, pour incarner dans la pratique une véritable conscience écologique — et cette nouvelle morale de l’environnement qui nous manque encore si cruellement — sans se heurter aux puissants et aux profiteurs menacés dans la poursuite de leurs fructueux méfaits.

On n’y insistera jamais trop : le combat pour l’environnement et pour la qualité de la vie débouchera nécessairement, très vite, sur des questions de principes et de finalités, donc de choix. Ce n’est pas un arrêté de plus par-ci par-là, plus ou moins appliqué d’ailleurs, qui renversera la vapeur et obligera le convoi emballé à ralentir puis à bifurquer. Allons-nous indéfiniment accepter, toujours et partout, que le « plus » se voit préférer au « mieux », la quantité à la qualité, l’argent à la vie ? Après tout, qu’est-ce qui compte vraiment : « avoir » ou « grandir » ? Continuer à saccager allègrement la planète et refuser la barbarie mal camouflée d’une civilisation dont le fragile vernis s’écaille au moindre choc, ou bien accepter d’entrer dans une troisième phase de l’histoire des relations homme-nature, celle de la réconciliation ? […]
»


Pas pris une ride !

Malheureusement..., car pendant le désastre les affaires continuent, n'est-ce pas !
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Sylvain
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede BINO-BONI » 12 Fév 2019 11:18

6le20 a écrit:Bonjour à tous !

« Le roi devenu fou » de Théodore Monod, article publié dans le Nouvel Observateur de Juin 1972.


Pas pris une ride !

Malheureusement..., car pendant le désastre les affaires continuent, n'est-ce pas !


....Et tout le monde en profite (des affaires) (dans les pays occidentaux ou en plein développement)
Et personne n'est prêt à changer ses habitudes ou à abandonner son petit confort.
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede GeLe » 12 Fév 2019 11:27

En supposant qu'il ne suffise pas de prendre des mesures politiques, mais que le changement doive être plus profond et donc psychologique, je participe, à tout à hasard, par curiosité, à des discussions sur un forum de philosophie dans lesquelles j'essaie d'aborder ce sujet. Je me souviens d'une phrase d'un présentateur de la Météo, quelques dizaines d'années d'ici, qui est peut-être inspirée par des réflexions de Nietzsche : "l'été est cette saison de l'année qui fait croire aux êtres humains que la Nature est faite pour eux". J'ai l'impression que ce n'est pas seulement l'été qui nous fait croire que la Nature est faite pour nous. Un de mes messages sur ce forum de philosophie : "La fuite de lui-même et de sa source, la nature, est attribuable à son incapacité à se voir tel qu'il est, conséquence des performances de son imagination et de son narcissisme (?) qui se substituent à une vision objective de lui-même. Depuis au moins 2000 ans, il est persuadé de posséder une âme divine qui fait de lui un être surnaturel. Cicéron, dans "La nature des dieux" : "Or si la figure humaine est supérieure à la forme de tous les êtres vivants, dieu étant un être vivant, sa figure est assurément la plus belle de toutes". Les belles lettres, 2018, page 23. Il semble que ceci cause aujourd'hui des problèmes climatiques". Dans le suite de la discussion, j'ai vu passer le mot "moralisation". Par la suite, j'ai cité le philosophe Karl Popper : "Voici un extrait du livre "La connaissance objective" de Karl Popper qui se rapproche de ce que je viens d'écrire : "Le plus grand scandale de la philosophie, à mes yeux, c'est celui-ci : pendant que tout autour de nous le monde de la nature périclite - et pas seulement le monde de la nature -, les philosophes continuent de s'entretenir, tantôt avec intelligence, et tantôt non, de la question de savoir si ce monde existe. Ils s'empêtrent dans la scolastique (discutent sans avoir de problème sérieux à débattre), dans des puzzles linguistiques, dans la question de savoir, par exemple, s'il y a des différences entre être et exister.". Ecrit en 1972 !" (comme le texte de Monod). Tout ceci pour dire que ce n'est pas gagné, sans même parler des aspects économiques...
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede Gérard-Breton » 12 Fév 2019 11:56

Bonjour Sylvain, tous,

Théodore Monod était décidément un très grand bonhomme...

Un grand naturaliste, éclectique. Je me souviens en février 1973, pour marquer la réouverture du Muséum du Havre après ses quasi-30 ans de reconstruction suite à sa destruction complète dans les bombardements du Havre en septembre 1944, nous avions organisé un colloque scientifique à notre échelle, certes, mais d'inspiration très naturaliste, et Théodore Monod avait accepté d'en être le président d'honneur. J'avais fait une communication sur Trentepohlia et il était intervenu pour me citer de mémoire l'auteur, le titre et une partie du contenu (l'odeur de violette due à l'ionone) d'un article autrichien du 19e siècle (écrit en gothique, ce qui ne simplifie pas la lecture, mais TM lisait le gothique et comprenait l'allemand). Et il pouvait parler de la sorte des crustacés ou d'halieutique (son domaine initial), de pétrographie, de plantes hallucinogènes, de parasitisme,bref, de tout... En 1973, je rentrais de deux années passées en Algérie, et nous nous étions également retrouvés sur l'addiction au désert, mais là je ne détaille pas : la démarche de Théodore Monod au désert (mauritanien pour l'essentiel), a été bien médiatisée.

Il était croyant, et nous avions échangé, moi l'athée confirmé, lui, le protestant, dans une très saine tolérance mutuelle, sur des thèmes qui me sont depuis restés chers : science et religion, évolutionnisme et créationnisme (il n'était pas du tout créationniste au sens où on peut l'entendre aujourd'hui) par exemple, ou bien la perception par les croyants de ce qu'ils appellent l'au-delà. Sur ce dernier thème, il m'avait dit (à peu près, je n'avais pas noté mot à mot) qu'il attendait la mort certes sans impatience, mais avec curiosité pour voir ce qu'il y avait après, s'il avait eu raison de croire en un au-delà, et que son seul regret était que, s'il s'était trompé, il ne le saurait jamais...Quelle élégance intellectuelle !

Je l'avais rencontré plusieurs fois ultérieurement, même après sa quasi-cécité, il avait gardé le même enthousiasme.

Souvenirs souvenirs...

Cordialement à tous,

Gérard Breton
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede 6le20 » 12 Fév 2019 18:14

Ah Boni, tu ne déçois jamais, toujours près à sauter à la gorge de toute sujet environnemental pour asséner ta Vérité !

Peu te chaud que l’auteur soit une pointure scientifique et que son texte, que tu n’as pas pris le temps de lire, soit au fond tout à fait en accord avec ton propos…

Mais tu ne peux résister à enjamber ta rossinante avec ta vieille lance et te jeter dans un combat sans ennemis.
Monjoie Saint-Denis ! Sus à l’hérétique…
Par le saint patron de la FNSEA et des chasseurs réunis, haro sur le bobo barbu ennemi du roundup et du productivisme réunis !
:D :D :D
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede YVES50 » 12 Fév 2019 19:08

Bonsoir tous

6le20 a écrit:Mais tu ne peux résister à enjamber ta rossinante avec ta vieille lance et te jeter dans un combat sans ennemis.
Monjoie Saint-Denis ! Sus à l’hérétique…
Par le saint patron de la FNSEA et des chasseurs réunis, haro sur le bobo barbu ennemi du roundup et du productivisme réunis !
:D :D :D


Que ces choses sont bien dites. Un jour peut-être, un jour viendra où notre quidam conviendra qu'il a fait fausse route dans sa vie.
La vie est courte malgré tout :D
Cordialement,
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede BINO-BONI » 12 Fév 2019 21:51

[quote="6le20"]A

Je ne devrai même pas répondre à ta stupide réplique mais je le ferai quand même pour te confirmer que j'assume pleinement ma position, pas celle que tu "crois être mienne" et qui est parfaitement imbécile (j'assume encore) mais celle du praticien qui s'interroge non pas sur le problème mais sur la recherche de solution!
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede GeLe » 10 Mai 2019 17:41

Bonsoir.

Une petite phrase de Gérard-Breton n'ayant pas voulu quitter mes neurones depuis tout ce temps, je déterre ce sujet pour essayer de soulager l'inconfort qu'elle me cause.

Quelle élégance intellectuelle !


Personnellement, je ne vois là-dedans aucune élégance intellectuelle, aussi grand naturaliste que fut Théodore Monod. Mais vous avez droit à votre propre impression.
Néanmoins, SI la multiplication des informations inquiétantes sur l'état de l'Environnement est justifiée, il faudra bien que les Humains reconnaissent que la Terre n'est pas un jardin fabriqué pour eux (l'Eden) et qu'ils ont toujours vécu sur une illusion, exploitée sous forme d'escroquerie intellectuelle, qui n'a rien d'élégant.
Je vous mets au défi de me démontrer qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre l'attitude nombriliste qui consiste à croire que nous avons une âme immortelle et une conception actuelle et réaliste : nous ne sommes rien d'autre que des éléments d'un vaste système écologique.
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede YVES50 » 10 Mai 2019 18:10

Bonsoir,
Très surpris de cette relance...GeLe

GeLe a écrit:Une petite phrase de Gérard-Breton n'ayant pas voulu quitter mes neurones depuis tout ce temps, je déterre ce sujet pour essayer de soulager l'inconfort qu'elle me cause.


Le discours qui suit est vide et n'apporte aucune information nouvelle :mrgreen:
Cordialement,
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Re: « Le roi devenu fou » par Théodore Monod

Messagede GeLe » 10 Mai 2019 19:15

Bonsoir YVES50.

Très surpris de cette relance


Oui. Elle s'explique par la lecture que je fais actuellement : Le bug humain. Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher de Sébastien Bohler.

Le discours qui suit est vide


Tant mieux pour toi si cela te semble vide.
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