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Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 06 Avr 2011 19:33
de Eddy
Bonsoir le forum,

En gros, on peut se restreindre à trois formats : le format dit "brut" ou RAW (en fait pas toujours si brut qu'on le dit), qui autorise un très grand nombre de traitements après coup et l'enregistrement dans tous les formats. Vient ensuite le format destiné au stockage de qualité (le TIFF), et le format de partage (le JPEG). Dans la mesure du possible, les autres formats sont à éviter (le bitmap notamment, qui est très orienté Microsoft Windows).

  • Si on veut faire du stacking, il faut presque toujours du JPEG. On ne va pas reprendre une à une les 100 images d'une pile ! Mais on peut utiliser des outils comme dcraw pour faire des conversions automatiques de RAW vers JPEG et bénéficier d''un meilleur rendu final qu'avec l'enregistrement direct en JPEG par l'appareil photo !
  • Si on veut faire quelques photos et les retravailler, on devrait privilégier le RAW.
Après, on peut aussi considérer la capacité de stockage des cartes mémoires. Avec 4 Gio, je peux prendre 600 JPEG en qualité maximale, et seulement 200 RAW (je n'ai pas vérifié l'exactitude des valeurs, mais je crois que la proportion est correcte). Parfois, c'est bien assez. Parfois, c'est trop peu. Je peux acheter une carte de 16 Gio aussi...

Cordialement,
Eddy

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 06 Avr 2011 20:07
de Daniel
Bonsoir à tous,
juste un mot en réponse à Jean claude sur l'aspect stéréo de son message.
C'est le bon sens d'affirmer qu'il est impossible d'obtenir une image stéréoscopique d'une image isolée.

On peut toujours convertir "manuellement" une image mono en 3D. Mais c'est un exercice qui va bien au dela des possibilités de nos robots actuels.

Par contre, j'ai été surpris de constater que des séries d'images décalées en profondeur sur le mème axe permettaient après traitement informatique de calculer des couples d'images stéréoscopiques.

Au dela sur le raw, de la mème façon, c'est le bon sens qui dicte au photographe qu'il vaudra toujours mieux exposer au mieux pour le rendu escompté à l'enregistrement, mais il faut avouer que le numérique permet de ratrapper beaucoup...
Comme souvent, la vérité est entre les extrèmes. Le raw n'est pas une panacée, comme par exemple, le gps n'est pas aussi précis que ses afficionados voudraient le faire croire. Néanmoins mème s'il ne nous donne pas une station avec une précision métrique, le cercle de 20m qu'il donne mème dans une vaste plaine est bien meilleur que ce que pourrait faire un humain sans repères précis au sol.

Cordialement

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 06 Avr 2011 21:55
de declic72
Bonsoir à tous,

Je ne résiste pas à l’envie d’apporter quelques compléments mais il m’est difficile de faire court…

Pour la photo traditionnelle, j’utilise généralement le RAW. Il se dit beaucoup de choses sur ce format parmi les photographes amateurs ou professionnels. Il faut sans doute démystifier à beaucoup d’endroits son utilisation.

Pour commencer, ce format n’est pas plus dur à utiliser que n’importe quel autre. Il demande, certes, un peu de pratique et un peu d’essais préalables.

Beaucoup de ses inconvénients, poids des fichiers et lenteur de l’enregistrement ont été surmontés avec les nouveaux boîtiers et les cartes mémoire qui sont de plus en plus rapides en ne cessant d’augmenter en capacité.

A la prise de vue, il n’y a pas de contrainte particulière ni changement au niveau des techniques de base.
Ce format a pour caractéristique particulière de générer un fichier « brut de fonderie ». On récupère, en fait des données numériques propres à chaque pixel chacun spécialisé dans la capture des trois couleurs de base bleu vert rouge, le tout matricé suivant une répartition sur le capteur, dite de Bayer ( dans le cas le plus général). Ces informations sont codées sur 12 voire 14 bits.

Avec tout ce fatras, au final, il faut recomposer l’ensemble de l’image. En RAW, ce travail n’est pas fait par le logiciel intégré dans l’appareil mais par un logiciel, dit de dématriçage, en postproduction sur l’ordinateur. Caméra RAW intégré à Photoshop est là pour faire ce travail mais il en existe bien d’autres. Il sera donc nécessaire d’apprendre à maitriser ce type de logiciel, passage incontournable avant de se servir du logiciel de retouche spécifique. Cela dit, tous les logiciels de dématriçage peuvent être utilisés à maxima ou à minima. A maxima, cela veut dire que l’on peut effectuer pratiquement tout le travail de retouche avec le logiciel de dématricage sans utiliser Photoshop par exemple. A minima, on ne se sert du logiciel de dématricage uniquement que pour transformer le fichier RAW en un fichier de format lisible et exploitable par n’importe quel logiciel de retouche ( JPG, TIF etc..).

Rien de bien compliqué, si ce n’est qu’il faut savoir qu’en RAW, la dynamique d’enregistrement des luminances de chaque couleur de base reste linéaire et non logarithmique comme en JPG. Cela a pour effet de délivrer une image de base dont le rendu semble assez fade puisque ne correspondant pas à la courbe de réponse physiologique de l’œil humain. En clair, on sera forcément ( dans beaucoup de cas) obligé d’adapter la courbe de contraste. Là encore, c’est une affaire de sensibilité et d'appréciation du rendu si l’on ne veut pas rentrer dans des considérations tenant à la théorie de la colorimétrie.

Quel est l’intérêt du RAW ?

On dira que le principal avantage portera sur le rendu des couleurs et l’amélioration au final de la dynamique générale de l’image. D’une part, cela est dû à l’information à la base qui est plus importante puisque, au moins codée sur 12 bits au lieu de 8 pour le JPG. D’autre part, le travail préalable dans le logiciel de dématriçage en post production permet plus de finesse au niveau de certains ajustements, la balance des blancs notamment.

Pour le reste, il ne faut pas trop se leurrer, le RAW ne fait et ne pardonne pas tout. En particulier, il n’améliorera rien de plus en matière de piqué de l’image.

Il y a tout intérêt à obtenir un bon cliché dès le départ. Netteté et exposition correcte, maitrise de la profondeur de champ doivent toujours être au rendez-vous. Le RAW n’est pas un remède miracle à la mauvaise photo. Il n’améliorera rien . Il permet seulement d’exploiter au maximum des informations de base. Informations qui sont conservées quasiment dans leur intégralité au niveau du fichier contrairement au JPG qui en élimine un certain nombre à travers son système de compression, dit destructif.

Il nous faut donc ne pas perdre de vue que ce format ne dispense pas de maîtriser les basiques de la photographie.

Je souscris totalement au fait que le poids des fichiers est un gros handicap pour le traitement en stacking puisqu’il faudra produire un fichier dans un format exploitable par le logiciel de stacking. On n’est pas obligé d’utiliser le JPG. Le TIF est supporté par ZP par exemple et je pense Zeren et Hélicon. Ce sera tout de même meilleur à la base que du JPG. Maintenant, je ne sais pas si les logiciels de stacking donneront de meilleurs résultats pour autant car dans ce domaine, je balbutie, pour ne pas dire je galère.

En microscopie, l’intérêt du RAW est, à mon avis, conditionné par le type d’objet photographié. Là où l’espace colorimétrique est réduit et la dynamique restreinte, je n’en vois guère l’utilité. En mycologie notamment, je n’ai pas vu de différence très perceptible, tout du moins en fond clair. Pour les autres techniques je n’ai pas encore d’expérience.

J’ai sans doute été un peu long et il y aurait encore beaucoup à dire et à nuancer sur ce fameux RAW. Il n’est pas à utiliser de façon systématique mais on aurait tort de s’en priver dans certaines situations. Là encore tout dépend de l’objectif final que l’on veut atteindre.

Fervent défenseur de son utilisation en photo traditionnel, j’avoue qu’en microscopie j’en suis, pour le moment revenu à l’utilisation du JPG. Peut-être est-ce aussi par manque d’expérience car la photomicroscopie ainsi que la macrophotographie sont des domaines qui m’étaient encore étrangers il y a encore quelques mois.

Amicalement

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 07 Avr 2011 19:52
de pierre4fun
Bonsoir,

Comme Christian: RAW+jpg , pour les mêmes raisons.
Hélicon Focus traite les RAW directement (détails et nuances respectées).

Pour la retouche, Rawtherapee qui est gratuit, vaut aussi le détour.

http://www.rawtherapee.com/releases_head/windows/

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 07 Avr 2011 20:33
de Eddy
Bonsoir le forum,

declic72 a écrit:En microscopie, l’intérêt du RAW est, à mon avis, conditionné par le type d’objet photographié. Là où l’espace colorimétrique est réduit et la dynamique restreinte, je n’en vois guère l’utilité. En mycologie notamment, je n’ai pas vue de différence très perceptible, tout du moins en fond clair. Pour les autres techniques je n’ai pas encore d’expérience.

Pour illustrer les propos clairs de Jean-Paul ci-dessus, voici un test en fond noir sur des étamines d'un probable myosotis. C'est un cliché volontairement très coloré. J'ai pris un cliché en fond noir en mode "RAW+L", c'est-à-dire, sur le Canon 500D, une image au format RAW et, simultanément, une image au format JPEG en qualité maximale (L pour large). J'ai ensuite converti l'image RAW en TIF avec l'utilitaire Canon Digital Photo Professional. Les deux images ont ensuite été redimensionnées en 800 x 533 pixels et sauvegardées en JPEG (qualité 93%) avec The Gimp pour affichage sur le forum :

etamines_RAW_brut_small.jpg
Exif et Meta MicroCartouche etamines_RAW_brut_small.jpg (140.26 Kio) Vu 2870 fois
Étamines, fichier RAW converti en TIF

etamines_JPG_small.JPG
Exif et Meta MicroCartouche etamines_JPG_small.JPG (154.82 Kio) Vu 2871 fois
Étamines, fichier JPEG

Ensuite, voici une image que l'on peut obtenir en effectuant quelques ajustements du fichier RAW avant l'enregistrement au format TIF (qui a ensuite subi le même redimensionnement à 800 x 533 pixels suivi d'une sauvegarde en JPEG à 93% de qualité) :

etamines_RAW_retouche.jpg
Exif et Meta MicroCartouche etamines_RAW_retouche.jpg (146.72 Kio) Vu 2869 fois
Étamines, fichier RAW retouché puis converti en TIF


Et pour finir un crop à 100% de la même région sur les trois images, dans le même ordre que précédemment :

crop-3.jpg
Exif et Meta MicroCartouche crop-3.jpg (80.64 Kio) Vu 2871 fois

Au-delà des possibilités offertes par le format RAW en matière de retouche photo, son utilisation systématique en fond noir ne me semble pas justifiée. Je rejoins donc Jean-Paul dans sa conclusion : en microscopie, il y a des situations où ce format n'apporte pas beaucoup plus qu'un bon cliché en JPEG.

Cordialement,
Eddy

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 08 Juin 2011 14:53
de Christian
Bonjour à tous,
Un certain temps s'est écoulé depuis la création de ce sujet …
Dans le fil, plusieurs macro et microphotographes ont argumenté en défaveur des formats bruts (RAW) et du travail de "développement".
Restez-vous sur vos positions ?
Par exemple l'utilisation du stacking avec images brutes (un max de bits :D ) ?
(mon PC est trop "ancien" pour tester des piles dépassant une dizaine d'images RAW avec un capteur D90 ... :? )

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 08 Juin 2011 15:29
de elegans
Bonjour Christian, le forum,

Effectivement je préférais à l'époque travailler en JPEG car j'avais des problèmes de bruit en RAW et Photoshop CS2, mais depuis les logiciels de développement se sont-ils améliorés? toujours est-il qu'avec Photoshop CS4 CS5 c'est parfait, comme je travaille sur le terrain avec des flashes en mode manuel, j'ai parfois des brûlages ou des bouchages qu'il est aisé de récupérer en RAW (profondeur de 16bits) et qui sont perdus en JPEG (8 bits seulement). Pour le stacking je travaille en TIF 16 bits car Zerene n'accepte pas le RAW après conversion par Photoshop, là aussi pour pouvoir ajuster l'image.

Bien amicalement

Marc

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 08 Juin 2011 15:31
de Maraussan
Bonjour,
Pour nous, TIFF semble un très bon compromis.
J'enfonce une porte ouverte : il est impératif de ne PAS tripoter les images (netteté ou contraste, etc...) AVANT d'empiler les images TIFF.
Les retouches se font après (si nécessaire).

JPEG est inférieur, mais pas totalement catastrophique (tout dépends de la compression).
Pensons néanmoins à ceux qui, par obligation, doivent archiver des centaines de milliers (millions) de clichés.

Edit, remplacement de GIFF par TIFF bien sûr...

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 08 Juin 2011 16:07
de PierreH
Bonjour,

GIF ?!?
Tu voulais certainement parler de TIFF ?

Re: Travailler en RAW ? (avantages, logiciels, etc ...)

MessagePosté: 08 Juin 2011 16:27
de Christian
Merci pour vos retours !

PierreH a écrit:GIF ?!?
Tu voulais certainement parler de TIFF ?


Effectivement, rien à voir entre ces deux formats (GIF et TIFF) !
Par ailleurs, le TIFF est difficilement comparable au format brut du capteur (RAW) ...
Connaissez-vous des boitiers capteurs qui permettent de sauvegarder en TIFF d’origine ?
Je connais que les scanners pour ça !